Vieillissement cérébral et communication orale

  • L’anatomie et le fonctionnement du cerveau évoluent énormément avec le passage du temps et en fonction des expériences vécues qui façonnent et refaçonnent le cerveau. Le vieillissement du cerveau entraîne des déclins cognitifs et sensorimoteurs considérables. Le déclin cognitif est toutefois asymétrique, particulièrement sur le plan de la communication verbale, comme détaillé dans le modèle de déficit de transmission (Burke et al. 2000). En effet, bien que certaines composantes du langage, comme la sémantique et la syntaxe, soient globalement préservées, d’autres composantes, comme la phonologie et la phonétique, subissent des altérations importantes, bien qu’encore mal connues, avec l’âge. Ainsi, le vieillissement entraîne des dégradations notables sur le plan de la perception et la production de la parole, ce qui peut engendrer des difficultés communicationnelles importantes au sein de la population âgée. En particulier, les personnes âgées éprouvent fréquemment des difficultés à se faire comprendre ou à comprendre les autres, particulièrement en situation de bruit. De nombreux changements ont également été observés sur le plan de l’articulation. Ces changements incluent un débit plus lent et moins stable, plus d’erreurs impliquant des structures syllabiques complexes ainsi qu’une diminution de l’intelligibilité, et pourraient être des signes d’un syndrome de désintégration phonétique léger. Les causes de toutes ces altérations sont toutefois encore peu connues, de même que la contribution des déclins dans d’autres sphères, comme l’attention et l’audition, ce qui limite les interventions visant la prévention de ces troubles ou leur réadaptation.

    Dans le cadre de cette conférence, je présenterai les études menées par mon équipe au cours des dernières années pour caractériser le vieillissement de la perception et la production de la parole ainsi que la contribution du déclin auditif et attentionnel à ces déficits. Je décrirai également nos études utilisant l’imagerie multimodale du cerveau par IRM qui visent à comprendre l’origine de ces changements. Les résultats de nos études suggèrent une origine complexe, impliquant la voie dorsale du langage, mais aussi le système sensorimoteur et des réseaux cognitifs comme le système de la saillance.

 

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