Une analyse sociolectale des traductions québécoises de la pièce « A Streetcar Named Desire » de Tennessee Williams

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    Est-il vrai que le temps fait bien les choses ? Parmi les choses dont la temporalité perturbe la rigidité, on trouve le langage. En partant du présupposé que ce facteur pèse effectivement dans la balance, qu’en est-il des manifestations du langage ? C’est dans cet état d’esprit que la pièce de théâtre phare de l’auteur Tennessee  Williams, A Streetcar Named Desire et ses nombreuses traductions en français sont atterrit sous la loupe. Pour les besoins de la recherche, nous en avons ciblé deux: les traductions de Guy Dufresne et de Paul Lefebvre, nées au Québec en 1974 et en 1995.

    La pièce originale se caractérise par la diversité des sociolectes représentés. On assiste à un choc des classes sociales lorsque Blanche DuBois, issue d’un milieu noble, débarque chez sa soeur, Stella DuBois qui se trouve à cheval entre deux classes de par son mariage avec Stanley Kowalski, un polonais de classe ouvrière. Dans cette recherche, c’est la trajectoire de la composante sociolectale selon l’époque de la traduction qui est étudiée. Nous entendons par sociolecte :

    « Tout langage propre à un (sous-) groupe social déterminé. Se distinguant simultanément des
    concepts de dialecte, qui se fonde sur des critères plus spécifiquement géographiques, d’idiolecte, qui
    signifie une manière idiosyncrasique, individuelle de parler, et de technolecte, qui renvoie aux divers
    champs de discours d’un état de société, les sociolectes sont définissables à partir de critères
    proprement sociaux, culturels, économiques et institutionnels » (Chapdelaine et Lane-Mercier, 1994).

    Le cadre théorique est inspiré des travaux de Susan Bassnett et de Louise Ladouceur sur la traduction théâtrale ainsi que de ceux d’Annick Chapdelaine, de Gillian
    Lane-Mercier et d’Antoine Berman sur les sociolectes littéraires. Quant à la méthodologie, c’est la méthode élaborée par ce dernier dans Pour une critique des traductions : John Donne qui servira de point de repère.

    Je propose de présenter une analyse des deux traductions québécoises de la pièce ainsi que la progression actuelle de ce projet de recherche lors du colloque VocUM 2019. Ces traductions de A Streetcar Named Desire n’ont jamais fait l’objet d’une analyse traductologique sous un angle sociolectal et temporel. Grâce à un espace de réflexion particulièrement productif quant à la trajectoire de la traduction des sociolectes dans un projet de traduction, cette recherche enrichira les domaines de la traduction théâtrale et des sociolectes littéraires, en plus de faire progresser la réflexion sur le rôle du traducteur.

     

    Sources primaires
    Williams, T. (1947). A streetcar named Desire. New York : New Directions.
    Williams, T. (1974). Un tramway s’appelait Désir. (G. Dufresne, Trad.). Montréal. Non publié.
    Williams, T. (1994). Un Tramway nommé Désir. (P. Lefebvre, Trad.). Montréal. Non publié.
    Williams, T. (2017). Un tramway nommé Désir. Dans P. Laville (Trad.), Théâtre, Roman,
    Mémoires (p. 80-188). Paris: Robert Laffont.
    Williams, T. (1983). Un tramway nommé Désir. Dans P. de Beaumont (Trad.), Théâtre choisi (p.
    117-286). Paris: Robert Laffont.

 

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