Typologie des propositions de simplifications du système d’accord du participe passé émises par les grammairiens depuis le 17e siècle

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    Le souhait de voir le système d’accord du participe passé (PP) se simplifier est partagé par plusieurs grammairiens depuis la mise en place des règles au 17e siècle, et quelques-uns (dont Mercier 1879 et Wilmet 2009) ont proposé des projets de réformes visant à simplifier ces règles (Pellat 2013, Marsac 2016). M’interrogeant sur la manière dont les différentes réformes ont varié en substance et en popularité à travers le temps, je passe en revue les projets de simplification de l’accord du PP et les classe en fonction de critères chronologiques, de critères formels et de critères substantiels. Je formule l’hypothèse que des tendances propres à certaines époques et à certains courants grammaticaux seront discernables suite à cet examen typologique. Mon corpus consiste en treize propositions de simplifications publiées depuis la fin du 19e siècle, ainsi qu’en cinq propositions partielles de simplifications recensées par des historiens de la grammaire entre le 17e et le 19e siècle.

    Je classe d’abord les propositions de simplifications selon leur appartenance à l’une des trois époques de l’histoire de la simplification de l’accord du PP que je dégage : d’abord la période de la fixation des règles d’accord du PP, ensuite la période des premiers projets de simplifications, enfin la période de la diversification théorique des propositions de simplifications. Ensuite, je les classe selon les types d’ouvrages dans lesquels elles ont été proposées : remarques, grammaires, articles scientifiques, arrêtés ministériels ou manifestes. Puis, comme Marsac (2016), je les divise entre celles qui consistent en des simplifications superficielles – c’est-à-dire des propositions de changements touchant seulement la présentation des règles pour les rendre plus cohérentes ou plus intelligibles – et en des simplifications fondamentales – c’est-à-dire des propositions de changements des règles d’accord en soi. Enfin, je classe les propositions selon trois types et cinq sous-types de raisonnements qui les motivent et qui les étayent, en adoptant partiellement la classification de Marsac (2016).

    Le but premier de ma démarche est de dresser un portrait complet des tentatives de simplifications de l’accord du PP afin de permettre une meilleure compréhension du phénomène du point de vue diachronique (mise au jour de tendances propres à certaines époques) et du point de vue de sa logique interne (mise au jour de tendances propres à certaines approches théoriques). L’observation de ces tendances s’avèrera utile pour des recherches ultérieures sur les projets de simplifications de l’accord du PP, notamment en ce qui a trait à la faisabilité des propositions.

     

    RÉFÉRENCES

    CHERVEL, André (2006). L’orthographe en crise à l’école : et si l’histoire montrait le chemin? Paris : Retz.

    MARSAC, Fabrice (2016). Histoire d’S ou Le participe passé au Rasoir d’Ockham. Théorie et application. Paris : L’Harmattan, coll. « Dixit Grammatica ».

    MERCIER, Amédée (1879). Histoire des participes français. Paris : Vieweg.

    PELLAT, Jean-Christophe (2013). L’accord du participe passé, entre poésie et grammaire. Dans F. Marsac et J.-C. Pellat (dir.), Le Participe passé entre accords et désaccords, 17-30. Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg.

    WILMET, Marc (2009). L’accord du participe passé. Projet de réforme. Dans A. Dister, C. Gruaz, M. Lenoble-Pinson, M.-L. Moreau, C. Petit, D. Van Raemonck et M. Wilmet, Penser l’orthographe de demain, 8-34. Paris : Conseil international de la langue française.

 

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