« Très déçu mais que veux tu, c’est un homme » : analyse des stéréotypes dans les commentaires Facebook en écho du mouvement #MoiAussi

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    L’automne 2017 a été marqué par une vague de dénonciations d’inconduites sexuelles portée par le mot-clic #MeToo et ses différentes traductions (#MoiAussi, #YoTambien, etc.) et adaptations (#BalanceTonPorc, #QuellaVoltaChe, etc.). Si cette vague se distingue par le court délai entre les différentes dénonciations et par la notoriété des personnes visées, elle se situe néanmoins dans un vaste courant de dénonciations publiques qui a pris de l’ampleur dans les dernières années, notamment à l’aide du mot-clic #AgressionNonDénoncée. Par le biais de ces mouvements, des victimes sont sorties de l’ombre, bien souvent en témoignant de ce qu’elles ont vécu.
    La question du témoignage public a déjà été étudiée sous différents angles. Par exemple, Plummer (1995) s’est penché sur les témoignages relatant des histoires sexuelles et sur les impacts sociaux que ceux-ci peuvent avoir.
    Peu de recherches ont été menées sur la réception de témoignages de ce genre sur les médias sociaux. Pour cette raison, dans cette communication, nous nous proposons d’analyser la réception des témoignages du mouvement #MoiAussi sur ce terrain. Ce dernier nous semble tout indiqué puisque, d’une part, la plupart des témoignages qui nous intéressent y ont été produits et, d’autre part, parce que les médias sociaux « constituent à la fois le lieu où se déroule un processus communicationnel similaire à celui sous-jacent à l’élaboration des représentations sociales, et en même temps, celui où celles-ci sont remises en circulation » (Ben Alaya, 2016). Nous nous pencherons plus précisément sur les commentaires Facebook, ainsi que sur les réponses à ces derniers, produits par les internautes à la suite de partages d’articles par La Presse, Le Devoir et le Journal de Montréal dans la foulée du mouvement #MoiAussi. Notre corpus a été constitué à l’aide de l’outil de recherche de Facebook et comporte 45 fils de commentaires.
    À partir de ce corpus, nous répondrons à la question suivante : quelles représentations sociales sont produites par les internautes dans leur réception des témoignages du mouvement #MoiAussi? Nous vérifierons si les stéréotypes qui ressortent de ces dernières correspondent aux représentations que les gens se font d’une agression sexuelle et plus particulièrement aux stéréotypes répertoriés dans les travaux de Sampert (2010) et Benedict (1992). Nous prendrons également appui sur la théorie des représentations sociales mise de l’avant notamment par Jodelet (2003) et réactualisée par Ben Alaya (2016) et ses collègues.
    Sachant la place que prennent les débats sur les violences à caractère sexuel à l’heure actuelle dans la société québécoise et vu la banalisation de plusieurs de ces gestes, il s’avère socialement important de s’attarder à la façon dont de tels actes sont décrits à travers différents stéréotypes dans les discours citoyens. Cette communication permettra de mieux cerner la réception citoyenne des différents témoignages.

    Bibliographie (3 à 5 références bibliographiques) :
    Ben Alaya, D. (2016). Autocommunication de masse sur Facebook et étude de l’expression iconique des représentations sociales. In Les représentations sociales. Théories, méthodes et applications (pp. 409–412). Louvain-la-Neuve: De Boeck Supérieur.
    Benedict, H. (1992). Virgin or vamp: how the press covers sex crimes. New York: University Press.
    Jodelet, D. (2003). Les représentations sociales (7e ed.). Paris: Presses universitaires de France.
    Plummer, K. (1995). Telling Sexual Stories: Power, Change, and Social Worlds. London: Routledge.
    Sampert, S. (2010). Let Me Tell Y ou a Story: English-Canadian Newspapers and Sexual Assault Myths. Canadian Journal of Women and the Law, 22(2), 301–328.

 

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