Traduire les textes législatifs en contexte de bilinguisme officiel : enjeux et pratiques

    Par Adeline Darrigol

     

    En Afrique et pour des raisons historiques, les documents juridiques de certains pays sont marqués par le bilinguisme officiel. Dans ce cas, les textes législatifs sont rédigés dans les deux langues officielles du pays mais avec des systèmes juridiques différents. L’exemple du Cameroun en est particulièrement illustratif. Ancienne colonie anglaise et française, le pays compte dix régions administratives parmi lesquelles deux sont anglophones (le Nord-Ouest et le Sud-Ouest). Selon l’article 1er de la Constitution de 1996, la République du Cameroun adopte l’anglais et le français comme langues officielles d’égale valeur. Elle garantit en outre la promotion du bilinguisme sur toute l’étendue du territoire national. Conformément à l’Ordonnance n°72-11 du 26 août 1972, les textes législatifs doivent être publiés en français et en anglais. Enfin, la Commission du bilinguisme et du multiculturalisme créée en 2017 veille au respect de ces dispositions. Cette politique linguistique confère au traducteur un rôle important dans la mise en œuvre du bilinguisme officiel, notamment dans le domaine juridique.

    Nous analysons les aspects théoriques et pratiques de la traduction juridique dans un contexte (socio)linguistique particulier. Nous avons adopté une approche interdisciplinaire associant les théories linguistiques et juridiques à la pratique de la traduction : la nature de la loi, le langage juridique, les barrières linguistiques et culturelles. L’étude s’appuie sur des travaux de traduction de textes législatifs que nous avons réalisés au Cameroun entre 2002 et 2009 dans un organisme public. Le corpus comporte dix lois. Nous avons également mené des entretiens ciblés avec des juristes locaux. Au Cameroun, les enjeux de la traduction de textes législatifs sont d’ordre technique, linguistique et culturel. Dès lors, la traduction apparaît comme un outil de communication interculturelle et interlinguistique.

     

    Mots-clés : traduction juridique, Afrique, Cameroun.

     

    Bibliographie sélective

    Bandia, P. (2005), « Esquisse d’une histoire de la traduction en Afrique », Meta, vol. 50, n°3, p. 957-971.

    Cao, D. (2007), Translating law, Clevedon, Buffalo, Toronto, Multilingual Matters, 189 p.

    Gémar, J-C, Kasirer, N (2005), Jurislinguistique: entre langue et droits/Jurilinguistics : between law and language, Montréal, Thémis, Bruxelles, Bruylant, 596 p,

    Gouadec, D. (2009), Profession traducteur, Paris, La Maison du dictionnaire, 2ème édition, 359 p.

    Houbert F. (2005), Guide pratique de la traduction juridique : anglais/français, Paris, La Maison du dictionnaire, 283 p.

    Sager, J C (2012), La traducción especializada: teoría y práctica profesional, Universidad de Córdoba/Universidad de Sevilla, 389 p.

    Zeh J. W. ((2016), Language policy and planning in multilingual contexts: English corpus planning in Cameroon’s Government Services, PhD in English Language Studies, Universitypage1image3707456

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