Norme et usage: La mise en oeuvre de la phraséologie aéronautique par les contrôleurs aériens anglophones natifs et non natifs.

    Par Quishi Zhang

     

    Le domaine du contrôle aérien offre l’exemple parfait de l’instauration d’une norme langagière: celui de la phraséologie aéronautique (Lopez, 2011). Imposée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ayant pour objectif d’assurer une communication claire et efficace entre pilotes et les tours de contrôle. Cette phraséologie standard est basée sur l’anglais naturel, sa conception consiste à associer un terme ou une expression à une signification unique et spécifique. La phraséologie de l’aviation permet de répondre aux besoins de communication liés à la plupart des situations routinières du trafic aérien, néanmoins, concernant les situations non-routinières, c’est aux pilotes et aux contrôleurs d’élaborer les messages en respectant les recommendations de la phraséologie, cette approche relève de ce que l’OACI définit en tant que plain language (OACI, 2007).

    Dans cette étude, nous tendons à comparer la mise en oeuvre de la phraséologie aéronautique chez les contrôleurs anglophones natifs (américains) et non natifs (tchèques). Pour ce faire, nous confrontons deux corpus d’usage réel à leurs références respectives. Les parties relevant de l’usage du plain language et de l’usage déviant de la phraséologie sont annotées puis analysées. Les premiers résultats démontrent qu’il existe une interférence sémantique entre l’anglais naturel et la phraséologie chez les contrôleurs natifs et non natifs. Cette interférence rend propice l’incompréhension de communication, comme le montre l’exemple ci-dessous (Estival, 2012):

    Controller: Descend to flight level 290.

    Pilot: Descend to flight level 250.

    Controller: Confirm flight level 290.

    Pilot: What is it that you want me to confirm?

    Le verbe Confirm dans l’énoncé du contrôleur relève de l’usage informel de l’anglais naturel signifiant corriger une erreur implicitement alors que dans la phraséologie Confirm a pour sens demander une vérification à son interlocuteur, d’où l’incompréhension du pilote.

    Le lien entre l’interférence sémantique et l’incompréhension sera discuté dans notre étude.

     

    1,2The ICAO and Federal Aviation Administration (FAA) phraseology manual

     

    References

    Lopez, S. (2011). Analyse comparative d’une norme langagière et de ses usages dans le domaine du contrôle aérien. Journées d’etudes Toulousaines (JéTou), Apr 2011, Toulouse, France.pp.168-178,2011.

    Philps, D. (1992). L’anglais dans le ciel des Antilles-Guyane : Phraséologie et sécurité linguistique.Paris : L’Harmattan

 

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