Lorsque la qualité probable d’une langue peine à trouver sa place

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    À l’ère du tout connecté, il est pour le moins étonnant d’y retrouver un internaute sous la domination d’une langue « informatique » qui n’est pas la sienne. Une langue silencieuse [3] programmée à l’avance, pour, qu’en son absence, sur la base d’algorithmes et d’approches définitionnelles que les informaticiens maîtrisent, le sens qui se véhicule sur le web se calcule bien souvent à son insu et après coup. Reconnaissant la capacité de l’humain à énoncer « en direct » le sens des choses qu’il perçoit, y aurait-il un genre, une manière simple de dire, écrire, pour qu’au moment venu de l’interaction humain machine (IHM) où l’internaute est le seul organisme vivant alors présent, il énonce lui-même le sens des choses qu’il perçoit à l’écran de son ordinateur? C’est l’alternative que nous vous proposons d’explorer aujourd’hui pour orienter, d’une manière positive, la direction et la profondeur du sens véhiculé sur le web. D’entrée de jeu, il nous apparaît qu’une nécessaire perspective plurielle de prise en charge des processus d’IHM s’impose pour qu’un grand nombre d’internautes soient en mesure de fabriquer, face à l’écran, du sens. Pour vous en convaincre, nous vous présenterons comment, la clôture langagière hâtive d’un type particulier de processus d’IHM, celui de la collecte de données à l’aide de formulaires, freine, avant son terme, toutes possibilités pour l’internaute de faire « en direct » du sens. Par la suite, inspirée des travaux du linguiste Nicolaï [5], spécialiste du contact des langues, nous vous présenterons un principe d’inclusion langagière faisant en sorte que, dès l’origine, l’existence même d’une langue offre, sur la base d’une convention
    d’écriture partagée, un potentiel d’extension dans l’espace et le temps. Nous poursuivrons en transposant ce principe d’inclusion à deux exemples pratico-pratique relevant de deux processus linguistiques en déphasage. 1) Le premier, tiré des travaux du linguiste et logicien Desclés [1, 2], procède d’un enchaînement de primitives à dépendance temporelle pour, après coup, fabriquer du sens sur la base d’une langue « déjà parlée » (du connu). 2) Le second, tiré de l’état actuel de notre recherche, unifie deux champs de pratiques distincts et distants, celui des informaticiens et celui des internautes, pour fabriquer du sens sur la base d’une langue « en train de se parler » à l’écran (du « en devenir »). Pour conclure, tenant compte des probabilités d’amplitude inhérentes à notre principe d’inclusion langagière qui reconnaît à la fois le rôle fondamental de support des informaticiens et l’autonomie créatrice de l’internaute, nous ouvrirons sur une prospective quantique [6][4] nous permettant de mettre en lumière les transformations nécessaires à la mise en place de notre procès de construction du sens.

    Bibliographie
    [1] J.-P. Desclés, « La Grammaire Applicative et Cognitive construit-elle des représentations universelles ?, » no. 48, pp. 139-160, 2003.
    [2] J.-P. Desclés, « Opérateurs et opérations constructives en linguistique : The Notion of Operator and Semantic Analysis in Linguistics, » cahiers de praxématique : Gustave Guillaume – Opérativité et discours – Le sujet parlant, no. 51, pp. 155-172, 2008.
    [3] J. Lassègue, « L’informatique dans l’histoire de l’écriture, » 2017.
    [4] M. Mugur-Schächter, L’Infra-Mécanique Quantique, Indéterminisme, Non-Localité, 2017.
    [5] R. Nicolaï, « Language Mixture, Contact and Semiotic dynamics: Some Thoughts in Counterpoint to Schuchardt’s Approach, » 2016.
    [6] X. Verley, La philosophie spéculative de Whitehead, Ontos Verlag, 2007.

 

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