Les effets des processus de prédiction et d’intégration sur la composante N400 en potentiel évoqué: une étude en amorçage relationnel

    • Présentatrice(s) ou présentateur(s)
      • Alexandre Herbay, Université McGill/Centre de Recherche sur le Cerveau, le Langage et la Musique
      • Phaedra Royle, Université de Montréal/Centre de Recherche sur le Cerveau, le Langage et la Musique
      • Karsten Steinhauer, Université McGill/Centre de Recherche sur le Cerveau, le Langage et la Musique

    Le temps nécessaire au cerveau pour traiter les caractéristiques sémantiques d’un mot est d’environ 400ms, tel que reflété par la composante de potentiels évoqués (PÉ) N400. Par la présentation préalable d’un mot sémantiquement relié, l’amorçage sémantique conduit à des N400 de moindres amplitudes. Cependant, les mécanismes neurophysiologiques sous-tendant cet effet sont controversés : il pourrait résulter de pré-activations lexicales issues de prédictions, mais aussi de processus d’intégration post-lexicale en mémoire de travail.

    Steinhauer et coll. (2017) ont montré les effets de l’amorçage relationnel : une paire de mots reliés par une relation sémantique spécifique (p.ex. antonymie) présentait un effet d’amorçage plus important lorsque présentée parmi d’autres paires reliées par la même relation que parmi des paires liées par une relation différente (p.ex. synonymie). Cet effet était reflété par une N400 réduite après 400ms. Cependant, l’utilisation d’un court intervalle inter-stimuli (ISI, 50ms) ne permettait pas de départager les effets de prédiction et d’intégration.

    En utilisant un ISI plus long (250ms) et en contrôlant l’influence de la catégorie syntaxique des mots sur les effets d’amorçage, notre hypothèse est que l’amorçage relationnel lié aux processus prédictifs influencerait le traitement des mots cibles tant au niveau orthographique qu’au niveau sémantique produisant ainsi des effets précoces, débutant dès 250ms. Au contraire, l’intégration post-lexicale opère après avoir accédé au sens des deux mots et ses effets devraient continuer d’apparaître après 400ms.

    Neuf listes de 80 paires de mots, promouvant chacune une relation sémantique spécifique (parmi cinq relations : antonymie, synonymie, hyperonymie, méronymie, troponymie et superlatifs) et une catégorie syntaxique (parmi trois catégories : adjectifs, noms, verbes) ont permis de manipuler la congruence sémantique et syntaxique de chaque paire au sein de chacune des listes à travers 20 versions expérimentales.

    Les données en PÉ de 40 participants révèlent un amorçage relationnel reflété par une négativité tardive (entre 400 et 450ms) quelle que soit la catégorie syntaxique, et par une négativité précoce (entre 250 et 300ms) uniquement pour les paires syntaxiquement congruentes avec leur liste de présentation. Ces résultats suggèrent une combinaison d’effets d’intégration post-lexicale et d’effets de processus prédictifs notamment modulés par la congruence syntaxique des mots. Ils seront interprétés dans le cadre du raisonnement analogique à l’œuvre lors de l’amorçage relationnel.

 

Commenter

 

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.