La ségrégation raciale et de genre dans les toilettes publiques

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    Les problématiques relatives aux identités de genres sont maintenant un peu plus représentées. Elles permettent de théoriser les différentes oppressions relatives à la tyrannie de genre de l’hétéronormativité (Doan: 2010) et à la conception de la relation entre l’espace et l’identité de genre qui est pensée selon une vision patriarcale blanche (The Roestone Collective: 2014). Plusieurs théoricien.ne.s se sont penchés sur les formes d’oppressions relatives à l’espace et notamment à l’espace public (Browne, 2004; Butler, 2015; Halberstam, 1998). Ainsi, les toilettes publiques peuvent constituer un lieu d’oppression pour les personnes ne respectant pas les normes sociales de genre aujourd’hui (Browne, 2004; Butler, 2015; Halberstam, 1998), comme elles l’ont été pour les membres des communautés noires des États-Unis pendant la période de la ségrégation raciale (Wasserstom, 1976-1977; Hill Collins, 2016).

    Comment se fait-il que cet espace en particulier soit l’endroit public où il persiste toujours une ségrégation? Comment les toilettes publiques, où est de quelque manière transposé l’espace domestique (Halberstam, 1998) en viennent-elles à constituer des lieux publics particulièrement propices à la confrontation, à la ségrégation et à la production d’oppressions?

    Inspirée par les approches intersectionnelle qui veulent que l’on étudie l’imbrication entre les catégories identitaires (soit le genre; le sexe; la classe; la race; l’orientation sexuelle; l’handicap, etc.) permettant ainsi de voir comment les oppressions sont créées en tant qu’intersections (Bilge, 2009), je propose d’explorer cette question par le biais des représentations médiatiques (Hall, 1999) et des rapports de pouvoir qui régissent cet espace public en tant que lieu où sont articulées des identités et inégalités sociales intégrées. Je problématise aussi l’idée selon laquelle les films et les séries télévisuelles ne sont pas juste le reflet de notre société et de ses enjeux, mais qu’ils les entretiennent aussi dans la manière de construire ces représentations et ces discours à travers les véhicules médiatiques. C’est la raison pour laquelle mon corpus se compose d’objets médiatiques issus de la culture populaire afin de voir l’importance de ces représentations dans la construction et la circulation de sens social (Hall, 1999); le film Hidden Figures et la série Orange is the New Black permettraient d’étudier les différentes réceptions dans la culture populaire (Hall, 1999). Ainsi, je choisirais ce corpus provenant des États-Unis qui font la représentation d’enjeux raciaux et de genres dans le cadre scénique des toilettes.

 

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