La création de néologismes en arabe à partir de mots tombés en désuétude

    • Présentatrice(s) ou présentateur(s)

    La langue, envisagée comme fait social, évolue dans le temps pour se mettre au diapason des progrès scientifiques. Cela dit, chaque langue se doit de se s’adapter continuellement aux exigences technologiques, afin de décrire avec précision les nouvelles réalités scientifiques qui s’imposent. 

    Cette évolution linguistique se manifeste beaucoup plus dans les domaines de spécialité à mesure que l’innovation technologique impose l’usage de nouveaux termes. La création de nouveaux mots, appelés néologismes, s’avère à cet effet nécessaire pour répondre aux besoins des initiés dans les domaines scientifiques et techniquesAinsi, le vocabulaire spécifique à un domaine, le jargon ou le technolecte, se forme progressivement pour donner naissance à une langue de spécialité à part entière.  

    L’arabe, classé cinquième langue la plus parlée sur la planète, n’échappe pas à cette règle du fait qu’elle doit préserver son statut de langue dominante dans le monde et par le fait même satisfaire aux besoins linguistiques de ses locuteurs spécialistes. Non soutenue par les progrès scientifiques, qui caractérisent principalement le monde anglophone d’aujourd’hui, la langue arabe doit son évolution essentiellement à la traduction.  Pour ce faire, les traducteurs recourent aux procédées de dérivation, d’emprunt, de calque, etc., pour créer de nouveaux mots et enrichir le lexique arabe. 

    Les néologismes peuvent être rangés sous trois grandes catégories, selon Jaime Semprun : 

    • Nécessité de nommer des réalités nouvelles ; 
    • Nécessité de nommer des réalités préexistantes, mais non distinguées d’un ensemble plus vaste ; 
    • Noms nouveaux pour des réalités anciennes. 

    Cette étude se propose de démontrer les types et procédés de création de nouveaux mots en arabe, en tenant compte de la troisième catégorie de classement des néologismes selon Jaime Semprun, soit les néologismes créés à partir de mots tombés en désuétude. 

    L’étude des variations sémantiques, d’un point de vue diachronique, se révèle alors nécessaire afin, d’appréhender les conditions matérielles ayant conduit au changement d’acceptions de chaque mot. Une étude étymologique des mots ayant subi une adaptation sémantique est, à notre sens, le meilleur moyen pour dégager les procédés mis en œuvre dans la création des néologismes en arabe.

 

Leave a Reply

 

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.