Frontières linguistiques et frontières politiques : étude de certaines caractéristiques du parler basque du labourd côtier

  • Les frontières linguistiques (entre dialectes) et les frontières politiques entre états ne coïncident pas toujours (Thomas 1999 ; Veny 1993 ; Viaut et Pailhé 2010), comme l’illustre la langue basque, parlée aussi bien dans l’état espagnol que dans l’état français. Ce travail tend à démontrer la perméabilité de la frontière politique, à travers l’observation du continuum dialectal basque et en particulier l’étude de certaines caractéristiques phonologiques et morphologiques du labourdin côtier – situé dans le territoire français – étroitement liées aux dialectes situés au sud ou « de l’autre côté » de la frontière.

    Les recherches et le classement proposé par Louis-Lucien Bonaparte sont considérés comme point de départ de la dialectologie basque. Dans son œuvre Le verbe basque en tableaux (1991 [1869]) il classe le parler de la côte labourdine, aussi dénommé « kostatar », parmi les sous dialectes du labourdin (226). La situation géographique de ce parler est d’un intérêt particulier, de par sa proximité avec les provinces du Guipúzcoa et de la Navarre, situées dans l’état espagnol.

    Pour décrire les caractéristiques du parler qui nous intéresse, nous avons constitué un corpus oral, composé d’enregistrements de locuteurs choisis suivant les critères habituels en dialectologie (Sanchís Guarner 1953 ; Chaurand 1972). Nous prenons aussi en compte les témoignages relatifs à cet espace dont nous disposons, des travaux de dialectologues mais aussi des écrits ou des correspondances d’auteurs labourdins (Vinson 1984 ; Mitxelena 2001).

    Certaines isoglosses coïncident avec la frontière franco-espagnole, comme la conservation de l’aspiration chez les locuteurs du territoire français ou encore la prononciation des vibrantes. D’autre part, afin de mettre en relief le fait que les isoglosses ne concordent pas toujours avec la frontière politique, nous nous focaliserons sur les caractéristiques que le kostatar partage avec les parlers situés de l’autre côté de la frontière, comme la palatalisation des consonnes /n/ et /l/ après /i/ ou encore certaines similitudes du système verbal.

 

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