Foresta Lumina : Trois langages au service du sens

  • Le projet multimédia Foresta Lumina, de la compagnie Moment Factory, consiste
    en une juxtaposition de plusieurs éléments distincts chacun constitué par son propre
    langage. L’espace naturel de la forêt du Parc de la Gorge de Coaticook est habillé par des
    processus numériques comme de l’éclairage, des trames sonores et du mapping de
    structures naturelles. En outre, une trame narrative trace la progression des spectateurs du
    début à la fin de ce parcours nocturne illuminé. Nous suivons Margaret, qui se perd en
    forêt et vit plein de péripéties face à des personnages issus du folklore québécois comme
    le Diable, l’esprit de la forêt ou encore la créature (s’apparentant au wendigo). Cette
    trame narrative emprunte des éléments préexistants dans la culture populaire pour générer
    une histoire tout à fait nouvelle, de la même façon que l’apposition de processus
    numériques sur l’espace de la forêt renouvelle son langage naturel.
    La trame narrative, les processus numériques et l’environnement naturel sont tous
    les trois indispensables à Foresta Lumina. Mes recherches m’ont mené à voir le parcours
    comme le lieu d’une adéquation entre trois vocabulaires intrinsèquement distincts, ce que
    j’ai théorisé comme étant un environnement augmenté, présentant des caractéristiques de
    la réalité augmentée mais ne se limitant pas à ajouter à notre réalité physique des images
    numériques.
    L’objectif de ma communication est de théoriser la juxtaposition des trois trames
    (narrative, naturelle et numérique) comme la mise en commun de langages aux référents
    distincts dans un objectif productif, qui s’apparente à la notion de revealing de la théorie
    de la technologie de Heidegger. Mon hypothèse est que chacun des trois éléments de
    Foresta Lumina créent des conditions de possibilité pour les autres dans un réseau
    relationnel complexe.
    Finalement, j’aimerais conclure sur une ouverture concernant la nature comme
    (re)produite par la technologie, non pas seulement comme objet soumis à la technologie
    et à l’humain, mais comme intrinsèquement liée à l’expérience humaine comme médium
    du développement technologique. Ces considérations postnaturelles peuvent servir à nous
    mener vers une redéfinition de la nature, de garde-manger à médium.

    Bibliographie choisie :
    Anderson, J. (2009). Transient convergence and relational sensibility: Beyond the
    modern constitution of nature. Emotion, space and society, 2(2), 120-127.
    Heidegger, Martin. The Question Concerning Technology and Other Essays. 1954. Trans.
    William Lovitt. Harper Colophon. 1977.
    Laurel, B. (1991). Computers as theatre. Reading, MA : Addison-Wesley.
    Steuer, J. (1992) Defining virtual reality: Dimensions determining telepresence. Journal
    of Communication, 4(24). 73-93.

 

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