Fondement et enjeux de la féminisation de la langue française

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    Depuis les toutes premières initiatives visant à promouvoir une écriture plus inclusive en français ; aussi bien sur le plan lexical avec l’introduction de formes féminines de noms de métiers, qu’au niveau textuel à travers une rédaction épicène purgée de tout sexisme ; la question du langage et du genre suscite un vif débat au sein de l’espace francophone. Ainsi, institutions politiques et publiques ; organismes culturels ; médias et citoyens prennent tous part à la discussion. Tandis qu’au Québec, en Suisse et en Belgique l’on se prononce en faveur des réformes ou du dialogue à l’égard de la féminisation et de la rédaction épicène, l’on semble y être plus réticent en France. La question tourne alors souvent en dérision ou donne lieu à des débats houleux. Aujourd’hui encore, linguistes, grammairiens, auteurs et philosophes soutiennent, selon les points de vue, des réflexions tant sur le bien-fondé et la pertinence de ces initiatives que leur application. Par ailleurs, d’après l’Académie française, la féminisation repose sur un contresens linguistique alors que l’écriture dite inclusive est une aberration qui met la langue française en péril. Elle ajoute que toute réforme de ce genre nuirait à l’esprit de la langue et entraînerait maintes difficultés lors de l’écriture, de la lecture et de la prononciation. Pourtant, depuis toujours, la langue française fait l’objet de rectifications en vue de corriger des anomalies ou remédier à des incohérences, et cela avec l’aval de l’Académie française.
    C’est pourquoi, nous proposons d’étudier le point de vue des opposants à la féminisation et à la rédaction épicène en analysant de plus près leurs arguments et, s’il y a lieu, défier leur raisonnement. Ainsi, nous explorerons notamment les aspects linguistiques, culturels, historiques et politiques qui se rattachent à la question. Nous nous interrogerons en outre sur la fameuse règle du masculin qui l’emporte sur le féminin et investiguerons l’origine de cette tradition aujourd’hui contestée au nom de l’équité. Nous discuterons aussi de la prétendue valeur générique conféré au masculin et de la force de l’usage. Nous pourrons alors déterminer s’il est en effet possible de dissocier le genre grammatical du sexe féminin et masculin. Autant de points qui nous interpellent et que nous examinerons au-delà de l’aspect normatif, en envisageant sur le plan philosophique, d’éventuelles répercussions sur notre représentation du monde.

 

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