Escritoras francesas de origen magrebí frente a los poderes fácticos: denuncia y reivindicación a través de la literatura/Écrivaines françaises d’origine maghrébine face aux pouvoirs : révolte et revendication à travers la littérature

    Par Soledad Diaz Alarcón

     

    Que la literatura se erija en instrumento de lucha y protesta no es un hecho novedoso ni original en la tradición literaria universal, aun así este recurso mantiene intactos su vigor y eficacia. Porello no es de extrañar que escritoras francesas de origen magrebí, como Leïla Sebbar, Tassadit Imache, Ferrudja Kessas o Soraya Nini, hastiadas de la inacción de instituciones públicas y del silencio cómplice de la sociedad francesa, alcen sus voces para visibilizar y denunciar la subyugación de la femme immigrante maghrébine ou issue de l’immigration a múltiples órganos de poder: el poder patriarcal (del padre, del marido);el poder de la cultura de origen (tradición y religión), el poder de la cultura receptora, (recelosa de la diferencia y fiel al recuerdo de las ex colonias); el poder de la familia (en su rol inamovible de ama de casa); el poder de las instituciones que frenan su representación pública o bloquean su acceso a cargos de relevancia, etc. Estas autoras fueron catalogadas—algunas contra su criterio—como autoras beurs1, es decir, pertenecientes a una corriente literaria surgida en los años 80 del pasado siglo y que agrupa a autores de origen magrebí emigrados a Francia a tempana edad o nacidos enFrancia de ascendientes magrebíes. A partir del 2000, autoras francesas de “segunda generación2” tales como Faïza Guène, Nora Hamdi, Samira Bellil o Kaoutar Harchi, integradas en estructuras académicas, empresariales o sociales del país de acogida, focalizan sus críticas en los nuevos instrumentos depoder y la falta de reconocimiento en los espacios socio económico y literario.Estas autoras formarán parte de lo que se denominará littérature urbaine o de banlieue.

    Este trabajo explora el imaginario femenino de femme immigrante maghrébine ou issue del’ immigration construido por autoras francesas de origen magrebí y que pivota sobre tres ejes: su condición de franco-magrebí, su condición de mujer, su condición de escritora. Para ello, analizamos la construcción identitaria de la mujer de origen magrebí a través de su narración y de su expresión: escritura autobiográfica en lengua francesa y usos particulares de la lengua (argot y oralidad),los espacios privado y público, personajes a través delos cuales vehiculan sus denuncias y su posicionamiento o estrategias adoptadas en sus obras (aceptación, fingimiento, huída y desarraigo).Asimismo reparamos en el reconocimiento de esta literatura por crítica y público.

    Este trabajo se enmarca en las investigaciones y estudios sobre literatura femenina de origen magrebí en lengua francesa tales como la literatura beur (Alec G. Hargreaves, Michel Laronde, Najib Redouane e Yvette Bénayoun-Szmidt, 2012),escritura del entre-deux (Roswitha Guess.2011), literaturas emergentes (Jean-Marie Grassin, 1999), literatura francófona femenina y su recepción (Guy Dugas, 1991; Jacques Dubois, 1991;Charles Bonn, 1994; Odile Cazenave, 1996;

    1. El término beur proviene del argot francés o verlan de la palabra arabe, de modo que sus sílabas se pronunciarán à l’envers. Se populariza en Francia a primeros de los años80 del siglo XX. Se trata de un neologismo que designa a una persona nacida en territorio francés cuyos padres o ascendentes son inmigrantes del Norte de África.
    2. La segunda generación hace referencia a los ciudadanos nacidos en suelo francés de padres o ascendentes inmigrantes magrebíes

    Jean Dejeux, 1994; Azouz Begag, 1999; Josefina Bueno Alonso, 2004; Nadia Châabane, 2008; Samira Farhoud, 2013; Beatriz Mangada Cañas, 2014), entre otros.

    Palabras-clave: escritoras franceses de origen magrebí, literatura comprometida, denuncia social, reivindicación femenina

     

    Le fait que la littérature soit un instrument de lutte et de protestation n’est ni nouveau ni original dans la tradition littéraire universelle, mais elle conserve sa vigueur et son efficacité. C’est pourquoi il n’est pas étonnant que des écrivaines françaises d’origine maghrébine, tels que Leïla Sebbar, Tassadit Imache, Ferrudja Kessas et Soraya Nini, lassées de l’inaction des institutions publiques et du silence complice de la société française, élèvent leur voix pour rendre visible et dénoncer l’assujettissement de la femme immigrante maghrébine ou issue de l’immigration à de multiples organes de pouvoir : le pouvoir patriarcal (du père, du mari) ; le pouvoir de la culture d’origine (tradition et religion), le pouvoir de la culture d’accueil, (méfiant de la différence et fidèle à la mémoire des anciennes colonies) ; le pouvoir de la famille (dans son rôle inamovible de femme au foyer) ; le pouvoir des institutions qui freinent leur représentation publique ou bloquent leur accès aux postes importants, etc. Ces auteures ont été classées-certaines contre leur critère-comme auteures beurs3, c’est-à-dire appartenant à un courant littéraire apparu dans les années 80 du siècle dernier et qui regroupe des auteures d’origine maghrébine ayant émigré en France à un âge précoce ou nées en France d’ascendants maghrébins. Depuis 2000, les auteures françaises de la « deuxième génération »4tels que Faïza Guène, Nora Hamdi, Samira BellilouKaoutar Harchi, intégrées dans les structures académiques, commerciales ou sociales de leur pays d’accueil, concentrent leur critique sur les nouveaux instruments de pouvoir et le manque de reconnaissance dans les milieux socio-économiques et littéraires. Ces auteures feront partie de ce que l’on appellera la littérature urbaine ou de banlieue.

    Cet étude explore l’imaginaire féminin de la femme immigrée maghrébine ou issue de l’immigration construit par des auteures françaises d’origine maghrébine et qui s’articule autourde trois axes : leur condition de franco-maghrébine, leur condition de femme et leur condition d’écrivaine. Pour ce faire, nous analysons la construction identitaire des femmes d’origine maghrébine à travers leur narration et leur expression : l’écriture autobiographique en langue française et les usages particuliers de la langue (argot et oralité), les espaces privés et publics, les personnages à travers lesquels elles véhiculent leurs dénonciations et les stratégies adoptées dans leurs œuvres (acceptation, faux-semblant, fuite et déracinement). On constate également la reconnaissance de cette littérature par la critique et le public.

    Ce travail s’inscrit dans le cadre des recherches et des études sur la littérature féminine d’origine maghrébine en langue française telles que la littérature beur (Alec G. Hargreaves, MichelLaronde, Najib Redouane et Yvette Bénayoun-Szmidt, 2012) et l’écriture del ‘entre-deux (Roswitha Guess. 2011), les littératures émergentes (Jean-Marie Grassin, 1999), la littérature féminine francophone et sa réception (Guy Dugas, 1991 ; Jacques Dubois, 1991 ; Charles Bonn,1994 ; Odile Cazenave, 1996 ; Jean Dejeux, 1994;  Azouz Begag, 1999 ; Josefina Bueno Alonso,2004 ; Nadia Châabane, 2008; Samira Farhoud, 2013 ; Beatriz Mangada Cañas, 2014), entre autres.

    Mots-clé: Ecrivaines françaises d’origine maghrébine, littérature engagée, dénonciation sociale, revendication des femmes

    1. Le terme beur vient de l’argot français ou verlan du mot arabe, ses syllabes seront donc prononcées à l’envers. Il est devenu populaire en France au début des années 1980. C’est un néologisme qui désigne une personne née sur le territoire français dont les parents ou les ascendants sont des immigrés d’Afrique duNord.
    2. La deuxième génération désigne les citoyens nés sur le sol français de parents ou d’ascendants immigrés maghrébins.

     

    Referencias bibliográficas (selección)/Références bibliographiques (sélection)

    BEGAG, Azouz. 1999. Écritures marginales en france. Être écrivain d’origine maghrébine.          Tangence  nº 59, pp. 62-69.

    BONN, Charles. 1994. Romans féminins de l’immigration maghrébine en france et enBelgique.         Notre librairie nº118. Juillet-Septembre, pp.98-107.

    BUENO ALONSO, Josefina. 2004. Femme, identité, écriture dans les textes francophones du Maghreb. Thélème. Revista Complutense de Estudios Franceses nº 19, pp. 7-20.

    CAZENAVE, Odile. 1996.Femmes rebelles. Naissance d’un nouveau roman africain au féminin.Paris : Khartala.

    CHÂABANE, Nadia. 2008. Diversité des mouvements de « femmes dans l’immigration ». Les cahiers du CEDREF. Centre d’enseignement, d’études et de recherches pour les études féministes nº 16. Femmes, genre, migrations et mondialisation, pp. 231-250.

    DEJEUX, Jean. 1994. La littérature féminine de langue française au Maghreb. Paris : Karthala

    DUGAS, Guy. 1991. Francophonie, acculturation, littératures nationales et dominées.Retour sur quelques concepts mal définis. Dans Convergences et divergences dans les littératures francophones. Paris L’Harmattan, pp.15-21.

    DUBOIS, Jacques Dubois. 1991. En finir avec la marginalité. Dans Lise Gauvin et Jean-Marie Klienkenberg [dir.]. Ecrivain cherche lecteur L’écrivain francophone et ses publics. Paris: Editions Creaphis, pp.119-129.

    FARHOUD, Samira. 2013. Interventions autobiographiques des femmes du Maghreb: Écriture de contestation. New York, Peter Lang.

    GRASSIN, Jean-Marie. 1999. L’émergence des identités francophones le problème théorique etméthodologique. Dans Christiane Albert [dir.] Francophonie et identités culturelles. Paris Karthala, pp.301-314.

    MANGADA CAÑAS, Beatriz. 2014. Analyse de la contribution de trois voix littéraires à la dimension féminine de la francophonie maghrébine. Çédille. Revista de Estudios Franceses, nº10, pp. 207-220.

    REDOUANE, Najib & Yvette BÉNAYOUN-SZMIDT (2012) . Qu’en est-il de la littérature«beur» au féminin ? Paris, L’Harmattan.

 

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