ID: 765
Statut du présentateur : Professeur(e)
Langue de présentation : Français

L’apport de la linguistique à la didactique des langues secondes

Le regard du linguiste peut être considéré comme une clé pour un enseignement inclusif de langues, surtout dans un contexte d’apprenants immigrants. La question à se poser tout d’abord est la suivante. Qu’est-ce que la linguistique, et qu’est-ce que la grammaire? Je la poserais différemment.  Quelle est la différence entre le grammairien et le linguiste? Le grammairien établit les règles et les normes que doivent suivre les usagers. Le linguiste analyse (notamment) des faits de langue que les usagers pratiquent, pour en établir les règles, que les grammairiens adopteront plus tard, par la force du nombre et du temps. Le linguiste ne juge pas. Il se suffit de décrire, et d’expliquer. Des enseignants se demandent souvent comment créer un esprit d’engagement et de cohésion dans les classes de francisation, ou de français langue d’enseignement avec des immigrants parmi les élèves. La perspective linguistique gagne à être à être adoptée (et adaptée) par les enseignants dans des classes plurilingues pour plusieurs raisons comme le statut donné à la langue de l’autre ou l’image que l’apprenant arrive à se donner de sa propre langue.

À travers différents niveaux d’analyse linguistique, nous allons montrer comment la perspective résolument fonctionnelle de la linguistique est un gage de prise de conscience et de succès pour l’apprenant de langue seconde. La perspective linguistique met en avant l’authenticité (de la source) sans occulter la fonctionnalité (un équilibre en norme et usage). Elle met à profit une compréhension des réalités articulatoires des phonèmes pour une appropriation réelle de l’apprenant. Elle valorise une observation et une rationalisation des phénomènes phonologiques qui transcendent la langue pour être le fait de réalités physiologiques propres à l’humain. Elle lutte contre l’ethnocentrisme et valorise l’estime de la langue maternelle, à travers une redéfinition des fonctions essentielles de la langue, propres à toute langue (avec notamment un retour sur la question des transferts et contacts interlinguistiques). Et enfin, elle dresse un continuum entre la langue, la réception et la communication : en un mot, le discours.

Bibliographie:

OLAOSEBIKAN, T- O-W. (2014),  « Interférences linguistiques chez les francisants anglophones: le cas du présent de l’indicatif », International Journal of English Language and Linguistics Research, Vol.2, n° 1, p. 31-38.

VÉRONIQUE,  D. (2013),  « Les analyses d’erreurs en langue étrangère : une question de ‘’linguistique appliqué’’ »?  Langage et Parole, Université Aix-Marseille.

OLAOSEBIKAN, T- O-W. (2014),  « Interférences linguistiques chez les francisants anglophones: le cas du présent de l’indicatif », International Journal of English Language and Linguistics Research, Vol.2, n° 1, p. 31-38.

MATHIS, N. (2012),  « Quand deux apprenantes font appel au chinois en classe de FLE : Intercompréhension, plurilinguisme et construction identitaire en atelier d’écriture plurielle »,  Degache, C. & Garbarino, S. (Ed.),  Actes du colloque IC2012, Université Stendhal Grenoble 3, France, 21-22-23 juin.

Mots-clés : Linguistique, phonologie, sociodiscours, syntaxe, didactique des langues secondes

ID: 767
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

Les usages symboliques des mots en langue catalane. Au carrefour de la fragmentation et la cohésion des perceptions des locuteurs

Cette étude, issue d’une thèse doctorale en cours, s’agit d’une analyse morphologique et sémiotique des contenus dans des livres de texte et des livres littéraires traduits dont les destinataires sont jeunes, voire adultes. Cela est particulièrement intéressant dans une perspective écolinguistique qui vise à promouvoir et préserver la diversité linguistique qui est arrivée jusqu’à nos jours.

Cette problématique s’étend au delà du débat social et arrive aux médias audiovisuels et écrits, et particulièrement aux matériels didactiques en catalan. Par exemple, dans l’enseignement réglé, on ne trouve aucun livre de texte en catalan qui fonctionne au même temps dans les trois territoires catalanophones principaux —constitués en communautés autonomes, selon le langage administratif espagnol : la Catalogne, la Communauté Valencienne et les Îles Baléares—. Pourtant, chaque territoire adapte et particularise ces matériels didactiques, ce qui pourrait entrainer une régionalisation de la langue et, donc, entraver sa standardisation, vu que les critères territoriaux sont priorisés au détriment des critères linguistiques. Cela a particulièrement été polémique lors de la parution de la traduction de la saga Harry Potter en catalan, dont ses deux premiers volumes on été adaptés géographiquement pour le Pays de Valence, alors que la première version, publiée à Barcelone, fonctionnait dans tout le reste de la communauté linguistique catalane. Les adaptations des œuvres littéraires est relativement fréquente dans la littérature d’enfance, notamment dans les étapes initiales de la lecture. Pourtant, la saga Harry Potter était conçue comme littérature de jeunesse, voire adulte, ce qui l’a rendue un cas unique et polémique, car son publique cible est supposé avoir pleine compétence en langue catalane.

On montrera et analysera quelques exemples d’usages symboliques des mots trouvés aussi bien dans les médias que dans les livres de texte, car ils sont des moyens de socialisation très importants. On apportera également quelques exemples issus de la traduction de la saga Harry Potter en catalan et on les comparera avec la norme fixé par les institutions normatives. À partir de ces exemples, on analysera les conséquences sociales et linguistiques selon les différentes stratégies de planification, lesquelles suivent des directions opposées, affin d’essayer d’élucider si elles nous mènent vers la cohésion ou vers la fragmentation de la perception linguistique. Cela est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’évaluer l’état du processus de la susnommée normalisation linguistique, aussi connue sous le nom de glotopolitique, en France, ou d’aménagement linguistique, au Québec.

On envisage la présentation de cette étude d’une façon très didactique, à des fins de divulgation et à l’aide d’exemples parallèles en langue française. Vu que c’est un sujet très spécialisé dans la langue catalane, la communication sera adaptée au contexte culturel québécois et francophone.

Bibliographie:

BIBILONI, G. 1997. Llengua estàndard i variació lingüística. València, 3i4.

CALAFAT, R. 2010. Torcebraç entre dues cultures. De l’ecosistema de les llengües, de discursos i de percepcions. Barcelona, Institut d’Estudis Catalans.

CASTELLANOS, C. 2000. Llengua, dialectes i estandardització. Barcelona, Octaedro.

CORBEIL, J.-Cl. 1980. L’aménagement linguistique du Québec. Montréal, Guérin.

HAUGEN, E. 1966 (2013). Language Conflict and Language Planning. The Case of Modern Norwegian. Boston, Harvard University Press.

Mots-clés : aménagement linguistique – langue catalane – acquisition de L1 et L2 – analyse du discours – usage symbolique

ID: 769
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Anglais

Non-Binary Gender Markers in Written European Portuguese: Some Remarks on the Social Dimension of Portuguese Spelling

In the quality of byproduct of the human understanding of natural languages, we define an orthographic norm as a system built over the intersection of the formal knowledge drawn from the study of a language with the respective cultural dimension of communicative competence; we consider orthographies to be linguistic vehicles for the symbolization of social identity. Thus issues concerning the promotion of a linguistic convention to a cultural standard usually reflect the power relations between two or more conflicting social realities: the design of an orthographic norm for a multi-ethnic linguistic community like Cameroon (Bird, 2001), to exemplify, demonstrated how orthographies cannot be dissociated from their cultural backgrounds; these power relations are observable, for instance, in code-switching in IsiXhosa (Deumert, 2010), revealing how the establishment of linguistic conventions is radicated in mechanisms of construal and reproduction of social meaning.

It is therefore not surprising that the standardization of orthographic conventions may have sociopolitical repercussions: it can instigate feelings of social detachment, as it happened with Urdu and Hindi, two varieties of the same language, in a case of digraphia in India (Ahmad, 2011), but it can also become a symbol of national identity, of which the rejection of the French etymological influence over the orthographic norm of Haitian Creole is an example (Schieffelin & Doucet, 1994); as Ottenheimer (2012) confirms, social meaning is ascribed to languages in general and to orthographies in particular. These examples multiply, as this social significance manifests itself on everyday communication around the globe.

In the midst of the discussion of several legislative projects in the Portuguese parliament concerning the universal right of gender self-determination, we look at how, for the Portuguese transgender community, spelling has become one of the means by which social identity is both exercised and validated. Since spelling is an acquired practice of culture-specific sociolinguistic conventions, we argue in support of the adaptation of the Portuguese orthographic norm to the social reality of its speakers, maintaining a common graphophonemic correspondence while simultaneously excluding its current aspect of social normativity. This is accomplished, we suggest, with the implementation of the grapheme <e> as an orthographic non-binary gender marker, following the description, put forward by Mateus (2014), of the morphophonological rules which are at the basis of Portuguese orthography.

We intend to provide the Portuguese non-binary transgender community with a linguistic mechanism of affirmative action, thus legitimizing the usage of non-binary gender markers as a linguistic convention to define an emerging social identity. We present arguments in favor of the standardization of this orthographic zone of social meaning (Sebba, 2007: 32) to overcome the current gender-biased status of the Portuguese orthographic norm, achievable with the inclusion of non-binary gender markers within Portuguese orthography.

Bibliographie:

Ahmad, Rizwan. 2012. «Hindi is perfect, Urdu is messy: the discourse of delegitimation of Urdu in India». In: Jaffe, Alexandra; Androutsopoulos, Jannis; Sebba, Mark; Johnson, Sally (Eds.). Orthography as Social Action: Scripts, Spelling, Identity and Power. Berlin: Mouton de Gruyter.

Bird, Steven. 2001. «Orthography and identity in Cameroon». Written Language and Literacy, 4 (2): pp. 131-162.

Deumert, Ana. 2010. «Imbodela zamakhumsha: Reflections on standardization and destandardization». Multilingua, 29: pp. 243-264.

Mateus, Maria Helena Mira. 2014. «Sobre a natureza fonológica da ortografia portuguesa» In: Mateus, Maria Helena Mira. A Língua Portuguesa: Teoria, Aplicação e Investigação. Lisbon: Colibri.

Ottenheimer, Harriet J. 2012. «Ideology and Orthography: Dictionary construction and Spelling Choice in the Comoro Islands». Études ocean Indien, 48. Available online at: <http://oceanindien.revues.org/1521>

Schieffelin, Bambi B.; Doucet, Rachelle Charlier. 1994. «The “real” Haitian Creole: Ideology, Metalinguistics and Orthographic Choice». American Ethnologist, 21 (1): pp. 176-200.

Sebba, Mark. 2007. Spelling and Society: The Culture and Politics of Orthography around the World. Cambridge: Cambridge University Press.

Sebba, Mark. 2012. «Orthography as Social Action: Scripts, Spelling, Identity and Power». In: Jaffe, Alexandra; Androutsopoulos, Jannis; Sebba, Mark; Johnson, Sally (Eds.). Orthography as Social Action: Scripts, Spelling, Identity and Power. Berlin: Mouton de Gruyter.

Mots-clés : Non-Binary Gender Markers; Zone of Social Meaning; Portuguese Orthography; Sociolinguistic Identity.

ID: 771
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Anglais

Theosophical Bhagavad Gita Translations in the late 19th and early 20th Century. "Esoteric Translations" as Cardinal Features of the Global-Colonial Discourse.

Considering recent fundamental approaches to translation such as Lavina Hellers "Translationswissenschaftliche Begriffsbildung und das Problem der performativen Unauffälligkeit" translation must be rethought. Translations as such are invisible in their place of use, as Heller puts it.[1] Therefore, they become authoritative representations of the other, as they make otherness comprehensible. At the same time the translator and his motivations for translating vanish in the purpose of bridging an information gap between cultures. That's why research on translation is crucial to any postcolonial scholarship. Hence, I argue that translation is key to research concerned with transcultural encounters and the research on theosophical translational endeavours is crucial for understanding the global-colonial discourse in the late 19th and the early 20th century

 

Translation within the Theosophical Society

Madame Blavatsky claimed that the „occult wisdom“ is to be found scattered in scriptures all around the world. The Theosophists therefore collected and translated ancient manuscripts and translated them into many different languages.

In my paper, I discuss theosophical translational endeavours and point out that these were informed by different epistemological approaches. Based on these approaches different modes of translation developed within the Theosophical Society. Focussing on a prominent text, the Bhagavad Gita, I will point to the discourse on translations within the Theosophical Society. By closely examining Annie Besant's Bhagavad Gita translations, which were published in several editions (1895, 1896, 1904, 1905 and 1907, reprinted 1908, 1911 and 1922) I will ponder upon basic translational problems such as the cultural adaption of concepts of foreign cultures and the question of untranslatability. These basic problems do not only concern Indian "sacred text" translations but are crucial for all texts translated or used within a colonial discursive continuum. Besant's editions of the Bhagavad Gita differ significantly not only in terms of the translation itself but as well in their paratexts and intended purposes. It can be shown that Besant changed her epistemological approach several times which led to different translations. Comparing these translations to the translations of other Theosophists (Mohini Mohun Chatterji, BhG-Translation 1887, T. Subba Row, party BhG-Translation in lecture text, Quan Judge, BhG-Translation, 1890) shows that these differed notably and were sometimes even opposed to each other. If we examine theosophical journals it becomes obvious that translations were widely discussed, applauded and criticised. Not only does this disclose that translations were important for questions of orthodoxy and heterodoxy within the Theosophical Society but that fundamental questions of accessing "occult wisdom" underlie these discussions. Hence, I argue that the very question of how to access "occult wisdom" was cardinal to the modes of translation. Furthermore, by comparing theosophical translations to academic translations of the time (e.g. Kashinat Trimbak Telang, 1875, Edwin Arnold, 1885) my paper will discuss possible mutual influences.

[1] Vgl. Heller, Translationswissenschaftliche Begriffsbildung, 2014

Bibliographie:

Bergunder, Michael, 2006: Die Bhagavadgita im 19. Jahrhundert. Hinduismus, Esoterik und Kolonialismus, In: Westliche Formen des Hinduismus in Deutschland. Eine Übersicht. Neue Hallesche Berichte. Bd. 6, Bergunder, Michael (Hrsg.), 187-216, Halle: Verlag der Franckschen Stiftungen

Heller, Lavinia, 2013: Translationswissenschaftliche Bergiffsbildung und das Problem der performativen Unauffälligkeit. Berlin: Frank & Timme

Sharpe, Eric J., 1985: The Universal Gita. Western Images of the Bhagavadgita. London: Gerald Duckworth & Co. Ltd.

Mots-clés : Theosophy, Bhagavadgita, History of Translation, Entangled History Asia-Europe

ID: 773
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

La traduction dévoilement au service de l’art contemporain

En janvier 2017, la Galerie UQO recevait Harald Szeemann : Documenta 5, une exposition itinérante du groupe new yorkais Independant Curators International (ICI) commissariée par David Platzker. Les artéfacts témoignaient de la documenta 5, exposition s’étant déroulée en 1972 à Kassel, en Allemagne[1] sous la direction d’Harald Szeemann. Celui-ci a posé un jalon important dans l’art du commissariat en créant le rôle de commissaire indépendant. La mise en exposition par Platzker met en relief toute la critique et les réflexions théoriques qui ont accompagné la tenue de la documenta 5. La directrice de la Galerie UQO a saisi l’occasion pour mettre en place une exposition d’envergure internationale axée sur le questionnement du rôle auctorial du commissariat en art contemporain. À cette occasion, nous avons été chargées de traduire les textes qui accompagnaient les artéfacts.

Il nous a semblé tout à fait pertinent, lors de la réalisation de notre mandat, de questionner à notre tour le caractère auctorial du traducteur, mais plus précisément le rôle important de la traduction ouvertude, ou traduction dévoilement (Cordonnier, 2002 : 40) dans le contexte d’une traduction culturelle. Ce projet nous place dans un contexte sociologique et historique se présentant sous plusieurs couches et associant plusieurs domaines, époques et approches. Sont au cœur du projet l’art contemporain et l’art conceptuel, tels que pratiqués ici, aujourd’hui, mais aussi dans les années 1970, en Europe. Nous sommes aussi dans un contexte langagier complexe : nous traitions des documents en allemand, issus de la tenue de la documenta 5 et diffusés en Allemagne dans les années 1970; des documents en anglais (originaux ou traduits de l’allemand) produits par ICI à New York en 2011. Quant à nous, nous étions chargées de produire des traductions françaises en contexte québécois et canadien, où le bilinguisme anglais-français est la norme sociale et politique, mais où le français est indissociable de la question identitaire (Québec et francophones du Canada, minoritaires), donc associée à des sensibilités particulières.

Le plan d’action que nous nous sommes donné pour atteindre le résultat attendu, soit donner accès au contenu de l’exposition aux visiteurs, a été de réaliser des actions de dévoilement selon une approche adaptative, en utilisant les normes appropriées (ou en les transgressant au besoin) selon les contextes propres au domaine langagier canadien, au domaine de l’art contemporain et au commissariat.

[1] La documenta est un événement artistique qui se produit tous les 5 ans à Kassel, en Allemagne, depuis 1955 et qui fait état de l’art contemporain dans le monde. La première édition a eu lieu à l’initiative d’Arnold Bode qui souhaitait « renouer le dialogue entre l’Allemagne et le reste du monde, afin de réinstaller son pays sur la scène internationale de l’art » (https://www.documenta.de/fr/#). L’objectif était de montrer les artistes et les mouvements artistiques modernes qui avaient été réprimés et considérés comme de l’art dégénéré (Entartete Kunst) durant le régime nazi. La documenta 5, quant à elle, s’est produite en 1972.

Communication préparée avec le soutien de Geneviève Has, chargée d'enseignement, Université du Québec en Outaouais

Bibliographie:

Brunette 2002 : Louise Brunette, « Normes et censure : ne pas confondre », TTR : traduction, terminologie, rédaction, 15, 2, p. 223-233.

Cordonnier 2002 : Jean-Louis Cordonnier, « Aspects culturels de la traduction  : quelques notions clés », Meta : journal des traducteurs/Meta : Translators' Journal, 47, 1, p. 38-50.

Nord 1997 : Christiane Nord, « A Functional Typology of Translation », dans Anna TROSBORG (éd.), Benjamins Translation Library, Amsterdam, 1997, vol. 26, p. 43‑64.

Wolf 2011: Michaela Wolf, « Mapping the field: Sociological perspectives on translation », International Journal of the Sociology of Language. 2011, 207, p. 1–28.

Venuti 1995: Lawrence Venuti , The Translator’s Invisibility: A History of Translation, Londres, New York, 1995.

Mots-clés : traduction culturelle, dévoilement, normes, adaptation, art contemporain

ID: 775
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 1er cycle
Langue de présentation : Anglais

Language Convergence in Montreal: a 2016 study of the interaction between French and English in the metropole using the rapid and anonymous method

Montreal remains a largely multilingual city, resulting in its inhabitants’ frequent need for language negotiation in cross-linguistic interactions. The issue of French and English language convergence is addressed in both research and everyday life. The roots of modern language debates in Quebec lie in the complex history of the province. Since the defeat of France in the Seven Years’ War, which saw the transfer of the colony to British rule, the Francophone community has sought to maintain their status through political action (Heller, 1982:110). With the implementation of Bill 101, Bourhis (1984:175) postulated that such status language planning in favour of the French might affect the degree and direction of language convergence during cross-cultural interactions.

The present study seeks to compare results obtained in 2016 to those of Bourhis (1984) and Moise and Bourhis (1994) obtained in 1977, 1979 and 1991, as well as to expand on the knowledge of contemporary language convergence in Montreal. Data was collected using the rapid and anonymous method (Labov, 1966), whereby pedestrians (N=161) are asked for directions to the nearest metro in one of four ways: by a fluent English or French speaker, or by a non-fluent English or French speaker. The measure of interest is the language of response given by the participant.

Three main hypotheses were tested using Fischer’s exact tests. The results indicate that Francophones’ language convergence behavior in 2016 does not significantly differ from that in 1991 (p>.05), while Anglophones have significantly increased their language convergence between the same years (p<.05). Francophones were not found to converge more than Anglophones when addressed both fluently in their non-native language (p>.05), and in a non-fluent variety of their native language (p>.05).

Using chi-square tests, two socio-cultural mediating variables were evaluated for their influence on language convergence. Older individuals converge to their non-native language less than do younger adults (X2 (1, N=161)=5.36, p<.05). There is no significant difference between the language convergence behavior of middle class and working class individuals (X2 (1, N=161)=0.587, p>.05). Based on these results, there appears to be a shift in progress whereby Anglophones are increasingly willing to converge to Quebec’s majority language, while Francophones have remained constant in their behavior, thereby creating a relative balance between the communities. The difference in language convergence between younger and older adults seems to support this shift, although it may be an age-graded phenomenon rather than a generational attitude shift.

Bibliographie:

BOURHIS, RICHARD Y. 1984. Conflict and Language Planning in Quebec. Clevedon, EN: Multilingual Matters Ltd,

HELLER, MONICA M. 1978. “Bonjour, hello?”: Negotiations of Language Choice in Montreal. Annual Meeting of the Berkeley Linguistics Society 4:588-597.

LABOV, WILLIAM. 1966. The social stratification of English in New York City. Washington: Center for Applied Linguistics.

MOISE, LENA C. & RICHARD Y. BOURHIS. 1994. "Langage et Ethnicité: Communication Interculturelle à Montréal, 1977-1991." Canadian Ethnic Studies 26, 1:86-107.

Mots-clés : bilingualism, convergence, politeness, sociolinguistics, Montreal

ID: 777
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Anglais

Global Education: Evaluating E-Learning Platforms in Extracurricular Educational Opportunities In Tunisia

This study looked at the use of “E-learning platforms” in teaching the English language during extracurricular educational opportunities in Tunisia. Its aim was to investigate the extent to which learners’  English language skills are evolving during virtual learning environment sessions (E-learning platform sessions).

“Semi-structured interview” and “Technology Acceptance Model” were used as data collection tools. Moreover, 10 users from different English levels, were followed over 50 “E-learning platform” sessions. In this study, three Learning Management Systems (LMSs) were explored: “Training-online.eu”, “Talentlms.com” and “BrainCert.com”.

The results show that learners’ are motivated to learn the English language using E-learning platforms as they include various teaching materials (i.e. Courses, live classes, YouTube videos, conferences, podcasts, related Android applications and games,  synchronized social networks and forums). Moreover, their vocabulary, speaking, listening, reading, grammar and writing levels evolve.

In addition, LMSs will allow users to complete activities at their own pace. If they need to back up and repeat a segment of a course before moving on. It allows content to be available whenever and wherever it is needed. Besides, users can access courses from different countries.

In the light of these results, the researcher makes several pedagogical recommendations. Teachers’ knowledge about LMSs should be updated. Ministries (i.e. Of education) have to train their employees how to teach using platforms. Moreover, companies might also train their staff through LMSs. In this globalized world, designers should not ignore cultural variations when creating these learning management systems.

 List of acronyms:

LMS Learning Management System
ELP E-Learning Platform
MALL Mobile Assisted Language Learning
ELLApps English  Language Learning Applications
AEG Android Educational Game

 

Bibliographie:

Ashok Sharma. "The History of Distance Learning and the LMS". ELH Online Learning Made Simple.

Ellis, Ryann K. (2009), Field Guide to Learning Management Systems, ASTD Learning Circuits.

Eric Ecoutin, Mise en œuvre des plates-formes pour la formation ouverte et à distance - Fiche pratique 1 : les utilisations d’une plate-forme, Algora, mars 2001.

Gilhooly, Kym (16 July 2001). "Making e-learning effective". Computerworld35 (29): 52–53.

Szabo, Micheal; Flesher, K. (2002). "CMI Theory and Practice: Historical Roots of Learning Management Systems". Proceedings of World Conference on E-Learning in Corporate, Government, Healthcare, and Higher Education 2002 (White Paper). Montreal, Canada: In M. Driscoll & T. Reeves (Eds.): 929–936. ISBN 1-880094-46-0.

Mots-clés : ELT, Globalization, Global Education, E-Learning Platforms, Learning Management Systems, ELLApps, Android Educational Games.

ID: 779
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

La performance des enfants bilingues dans la tâche de répétition de non-mots

L’évaluation langagière des enfants bilingues continue d’être un défi pour les cliniciens. Sans outils d’évaluation normés pour les enfants bilingues, il devient alors difficile de discriminer les enfants bilingues avec un trouble primaire du langage des enfants bilingues avec un retard d’acquisition d’une langue seconde. Dans la littérature, plusieurs indicateurs sont proposés pour mieux diagnostiquer le trouble du langage chez les enfants bilingues. La tâche de répétition de non-mots est d’ailleurs recommandée comme un outil de dépistage prometteur (Boerma et al., 2015). Cette tâche a été conçue pour minimiser l’influence des connaissances d’une langue spécifique et plutôt se concentrer sur le traitement linguistique (Thordardottir & Brandeker, 2013).!
Le but de cette présentation est de décrire les résultats des enfants allophones dans une tâche de répétition de non-mots. Nous avons évalué 55 enfants allophones à la fin de la maternelle avec la tâche de répétition de non-mots de Courcy (2002). Une transcription des productions des enfants a été complétée et utilisée pour les analyses de production des phonèmes. Les résultats démontrent que les enfants ont un taux de précision généralement élevé (moyenne de 86% pour les consonnes) alors que le nombre de non-mots répétés était faible.
L’analyse de ces résultats nous permettra d’établir des normes pour les enfants bilingues au niveau du nombre de non-mots correctement répétés et du pourcentage de phonèmes correctement produits (consonnes et voyelles). Ces normes sont d’autant plus importantes sachant qu’il n’est pas approprié de comparer les enfants bilingues à leurs pairs unilingues (Fabiano-Smith & Barlow, 2010).

Bibliographie:
Boerma, T., Chiat, S., Leseman, P., Timmermeister, M., Wijnen, F., & Blom, E. (2015). A quasi-universal nonword repetition task as a diagnostic tool for bilingual children learning Dutch as a second language. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 58(6), 1747-1760.
Fabiano-Smith, L., & Barlow, J. A. (2010). Interaction in bilingual phonological acquisition: Evidence from phonetic inventories. International Journal of Bilingual Education and Bilingualism, 13(1), 81-97.

Thordardottir, E. & Brandeker, M. (2013). The effect of bilingual exposure versus language impairment on nonword repetition and sentence imitation scores. Journal of communication Disorders, 46, 1-16.

Mots-clés : Blinguisme, développement du langage, répétition de non-mot

ID: 781
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

Le métadiscours juridique canadien sur la haine : possible rapprochement avec l'analyse de discours

Contexte : Dans la foulée de l'arrivée des réfugiés syriens dans les dernières années, contestée par une certaine partie de la population, et de la confusion assez répandue entre islam et terrorisme ou du moins extrémisme religieux, la couverture médiatique des discours dits haineux s'est accentuée. Lorsqu'elle se manifeste sous forme d'incitation, la haine peut être sanctionnée de manières différentes d'un pays à l'autre, voire d'un cadre législatif à l'autre. Au Canada, la haine fait l'objet de quelques lois, notamment dans le Code criminel et dans certaines lois provinciales sur les droits de la personne. Les sanctions relatives à l'incitation à la haine soulèvent de grands débats. D'ailleurs, l'article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, portant sur la propagande haineuse, a finalement été abrogé en 2013. Au Québec, en 2016, une partie du projet de loi 59 proposé par le gouvernement libéral du Québec pour contrer les discours haineux et la radicalisation a été abandonné après plusieurs discussions sur la définition du discours haineux.

Problématique : L'expression «discours haineux» est de plus en plus présente dans notre quotidien, notamment dans la culture populaire (Brown, 2017). La confusion entre les discours dits haineux et l'incitation à la haine, sanctionnée au Canada, suscite donc certains débats. Pourtant, en droit, la haine revêt un sens bien particulier (Rainville, 2015). Puisque la pénalisation de certaines manifestations de la haine fait polémique, nous nous sommes penchée sur la manière dont les juristes analysent ces discours litigieux. Comment les analysent-ils?

Cadre théorique et méthodologie : Pour répondre à cette question, nous avons d'abord recensé les différentes lois canadiennes traitant de la haine. Nous avons ensuite effectué une recension préliminaire des jugements traitant de ces lois à l'aide du moteur de recherche jurisprudentielle en libre accès CanLII, afin d'avoir accès à l'évaluation que les juristes font de ces discours litigieux en contexte de procès. À partir d'un cadre théorique empruntant à l'analyse de discours, mais plus particulièrement à la pragmatique, notamment aux actes de langage (Kerbrat-Orecchionni et Mitterand, 2005) et aux maximes conversationnelles (Grice, 1979), nous avons finalement soumis à une analyse qualitative un premier corpus de jugements.

Résultats : Nos premiers résultats montrent que l'évaluation des discours litigieux par les juges renvoie implicitement à plusieurs notions mobilisées par les linguistes, qu’il pourrait être profitable d’expliciter et de clarifier, au bénéfice des magistrats. L'analyse de discours serait alors une approche pertinente pour l'étude des métadiscours juridiques canadiens sur la haine.

Conclusion : Cette communication s'inscrit dans un projet plus vaste visant à démontrer les bénéfices d'une collaboration entre les milieux juridiques et ceux des sciences du langage en matière de crimes de parole.

Bibliographie:

Brown, A. (2017). What is hate speech? Part 1: The myth of hate. Law and Philosophy, 1-50. http://dx.doi.org/10.1007/s10982-017-9297-1

Code criminel, LRC 1985, c C-46. http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/C-46/ (consulté le 12 juin 2017)

Grice, H. P. (1979). Logique et conversation. (Traduit par P. Cole et J. L. Morgan). Communications, 30, 57-72. http://dx.doi.org/10.3406/comm.1979.1446 

Kerbrat-Orecchioni, C. et Mitterand, H. (2005). Les actes de langage dans le discours : théorie et fonctionnement. Paris, France: Armand Colin.

Rainville. P. (2015) Paroles de déraison et paroles de dérision: les excès de langage à l'épreuve du droit criminel canadien, Revue juridique Thémis, 49(1), 35-132. Repéré à https://ssl.editionsthemis.com/uploaded/revue/article/31165_03_Pierre_Rainville.pdf

Mots-clés : discours haineux, incitation à la haine, métadiscours juridique, analyse de discours, linguistique légale

ID: 783
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

L'étiquetage automatique du français : utilisation de contraintes pour la désambiguïsation des noms homographes et le repérage des unités complexes

Depuis quelques années, nous sommes témoins d’une augmentation massive des données dans le domaine des sciences sociales. L’accès à ces nouvelles données comblerait de nombreuses lacunes, et ce, dans plusieurs domaines. Avec la quantité phénoménale de données langagières mise à la disposition des chercheurs, ceux-ci peuvent maintenant constituer des corpus beaucoup plus facilement. Cela a entraîné des changements majeurs pour la recherche en sciences sociales, mais aussi en ingénierie linguistique, notamment par le besoin grandissant d’outils de traitement automatique des langues. Ces outils facilitent grandement le travail du chercheur, en plus de l’aider à mieux comprendre les enjeux auxquels il s’intéresse.

L’étiquetage automatique, c’est-à-dire l’attribution des étiquettes lexicales à chaque mot d’un texte ou d’une collection de textes par un étiqueteur, correspond à une des premières étapes dans plusieurs applications de traitement automatique des langues. Bien que les étiqueteurs probabilistes actuels semblent atteindre un taux de succès relativement élevé dans un grand nombre de langues, leurs performances peuvent encore être améliorées. Avec les étiqueteurs à base de règles, les mots ambigus sur le plan grammatical se voient attribuer l’étiquette « correcte » dans la grande majorité des cas. De tels étiqueteurs ont déjà obtenu de très bons résultats pour l’anglais (Voutilainen & Heikkilä 1994, Voutilainen 1997 et d’autres) comme pour le français (Chanod & Tapanainen 1995b, Bick 2010 et d’autres).

Notre projet consiste à développer un programme informatique capable d’étiqueter correctement les mots d’un texte en français. Plus précisément, nous cherchons à établir dans quelle mesure l’approche sous laquelle a été conçu l’étiqueteur EngCG (Constraint Grammar Parser of English), développé par Voutilainen et Heikkilä 1994 pour l’anglais, peut être adaptée au français. Il s’agit essentiellement d’une étude expérimentale qui a pour buts a. d’évaluer l’impact des modifications qui seront apportées à la méthode d’étiquetage adoptée sur les résultats attendus et b. de proposer des solutions pour la désambiguïsation du français, notamment pour celle des noms homographes, c’est-à-dire des noms qui ont la même orthographe selon qu’ils soient masculins ou féminins (exemple : mémoire), et celle des unités complexes.

Voici quelques unes des questions soulevées dans le cadre de cette étude :

  1. Comment un étiqueteur à base de contraintes peut-il étiqueter correctement les mots d’un texte en français compte tenu du nombre d’ambiguïtés ?
  2. L’utilisation de contraintes dans l’étiquetage automatique du français permet-elle de résoudre l’ambiguïté grammaticale de façon convenable ? En particulier, permet-elle de corriger les erreurs liées aux noms homographes et aux unités complexes ?

Nous posons l'hypothèse que les phrases prélevées aléatoirement parmi une série d'articles journalistiques au moyen d'un programme d'extraction de données et les étiquettes choisies nous permettent de développer un étiqueteur à base de contraintes capable de résoudre au moins quelques problèmes d’étiquetage connus et ainsi d’améliorer les outils de traitement automatique des langues.

Bibliographie:

Bick, E. (2010). FrAG, a Hybrid Constraint Grammar Parser for French. In LREC.

Chanod, J.-P., & Tapanainen, P. (1995a). Creating a tagset, lexicon and guesser for a French tagger. arXiv preprint cmp-lg/9503004.

Chanod, J.-P., & Tapanainen, P. (1995b). Tagging French: comparing a statistical and a constraint-based method. In Proceedings of the seventh conference on European chapter of the Association for Computational Linguistics (pp. 149-156). Morgan Kaufmann Publishers Inc..

Voutilainen, A., & Heikkilä, J. (1994). An English Constraint Grammar (ENGCG) a surface-syntactic parser of English.

Voutilainen, A. (1997). Engcg tagger, version 2. Sprog og Multimedier. Aalborg Universitetsforlag, Aalborg.

 

Mots-clés : traitement automatique des langues, étiquetage automatique

ID: 785
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

L’analyse du discours des adultes qui ont visité un musée d’art permet-elle de trouver des apprentissages même lorsque certains énoncés contiennent des difficultés d’expression : examen d’une série d’exemples

Les musées ont une fonction éducative primordiale dans la société occidentale (Hein, 2005; Fischer et Levinson, 2010). Au moyen de leurs collections permanentes et temporaires, ces institutions contribuent à l’apprentissage de l’adulte en lui permettant de parfaire ses connaissances dans les domaines de son choix, d’approfondir des sujets avec lesquels il est familier ou de se divertir (Falk et Dierking, 2013).

L’analyse des propos tenus par des adultes au sujet des objets d’art permet au chercheur de déceler des apprentissages réalisés par ces derniers lors d’une visite au musée. Cependant, les discours produits par certains visiteurs posent problème spécialement lorsque les énoncés sont vagues, mal articulés ou lorsqu’ils comportent plusieurs significations (Dufresne-Tassé et Lefebvre, 1995). Cela dit, même si ces discours contiennent des difficultés d’expression ils ne sont pas pour autant sans intérêt pour le chercheur, car leur analyse comporte des apprentissages.

Bien que des chercheurs se soient intéressés au rôle du musée d’art dans l’apprentissage des adultes (Burcaw, 1997; Bourdieu et Darbel, 1969; Hooper-Greenhill, 1994) peu ont tenté de voir si les énoncés erronés, contenus dans les discours des visiteurs adultes, peuvent nous renseigner sur la façon dont ces derniers réalisent des apprentissages au musée d’art.

L’objectif de cette recherche est de montrer qu’il est possible, à partir d’un ensemble d’exemples recueillis dans un groupe d’hommes et de femmes âgés de 30 à 55 ans qui effectuent la visite d’une exposition au musée d’art, d’identifier des apprentissages dans leurs propos, et ce, même si leurs discours semblent moins cohérents.

La méthode employée pour réaliser cette étude est qualitative. Ainsi, au moyen du « thinking aloud » également connu sous le nom de « penser tout haut » (Ericsson et Simon, 1993; Dufresne-Tassé, O’Neill, Sauvé, et Marin, 2015; Leinhardt, Crowley et Knutson, 2002) ou « friendly stranger approach » (Émond, 2006) les commentaires formulés par les visiteurs sont enregistrés, au fur et à mesure qu’ils effectuent la visite d’une exposition, puis transcrits au traitement de texte pour faciliter l’analyse. À partir d’un arbre de codes, préalablement établi, le chercheur tente de trouver des énoncés qui contiennent des apprentissages réalisés par les adultes et, lorsque c’est possible, reformule les phrases qui sont problématiques au lieu de les mettre de côté ce qui accroît la rigueur de l’analyse des discours des visiteurs (Dufresne-Tassé et Lefebvre, 1995)

Les retombées de cette étude permettront de voir comment les adultes, âgés entre 30 à 55 ans, réalisent des apprentissages lors de leur visite au musée d’art même si leur démarche manque de rigueur. De plus, nous verrons comment le chercheur procède pour tirer le maximum d’informations des énoncés comportant des problèmes d’expression.

 

Bibliographie:

Burcaw, G. E. (1997). Introduction to museum work. États-Unis : AltaMira Press.Dufresne-Tassé, C. et Lefebvre, A. (1995). Psychologie du visiteur de musée : contribution à l’éducation des adultes en milieu muséal. LaSalle : Hurtubise HMH.

Dufresne-Tassé, C., O’Neill, M.-C., Sauvé, M. et Marin, D. (2015). Un outil pour connaître de minute en minute l’expérience d’un visiteur adulte. Museologia & Interdisciplinaridade, 4 (1), 1-16.

Émond, A.-M. (dir.). (2006). Research strategies studying the reception of contemporary art in a fine arts museum. Dans A.-M, Émond (dir.), M. Allard, A. Landry, C. Meunier, M. Cassin, N. Gesché-Koning, L. Lepage, L’éducation muséale vue du Canada, des États-Unis et d’Europe : recherche sur les programmes et les expositions / Education in museums as seen in Canada, the United States and Europe : Research on programs and exhibits (p.111-122). Canada : MultiMondes.

Ericsson, K. A. et Simon, H. A. (1993). Protocol analysis : Verbal reports as data. Cambridge, Massachusetts : MIT Press.

Leinhardt, G., Crowley, K. et Knutson, K. (2002). Learning conversations in museums. New Jersey : Mahwah Erlbaum.

Mots-clés : Musée d'art, visiteurs adultes, apprentissages, difficultés d'expression, thinking aloud

ID: 787
Statut du présentateur : Professeur(e)
Langue de présentation : Français

Et si on diffuse le patrimoine sociolinguistique de l’arabe marocain?

Et si on diffuse le patrimoine sociolinguistique de l’arabe marocain?

Notre langue, l’arabe marocain (A.M), présente les signes d’une longue histoire et d’une époque dont nous sommes témoins. En fait, notre contribution consiste à développer deux points. D’abord, nous présentons et décrivons nos différents corpus collectés sur l’arabe marocain. Ensuite, nous expliquons notre travail relatif à la conception et à la réalisation d’une base de données, c'est-à-dire nous montrons notre démarche pour confectionner un dictionnaire informatisé qui sert d’outil pour la diffusion de l’arabe marocain.

A vrai dire, au Maroc, le manque d’outils terminologiques, de références lexicographiques et de bases de données numériques reste un obstacle majeur pour promouvoir l’arabe marocain à l’international. Malgré les productions et les recherches qui voient le jour de temps en temps, les travaux effectués sur et en arabe marocain ne répondent pas totalement aux exigences des utilisateurs, natifs et étrangers. De notre part, sans prétendre à une étude étymologique ou historique quelconques, et sans vouloir abonder dans le sens des études diachronique et synchronique de cette langue, une remarque notoire reste à faire.  Cette langue a sa charge idéologique qui se manifeste, particulièrement, dans les dictionnaires ; ceux-ci véhiculent toute une réalité qui ne peut être transmise qu’à travers la préservation des entités lexicales. A notre sens, le fond culturel, le patrimoine linguistique et l’outil informatique  peuvent  interagir  pour offrir des unités significatives pratiquées et connues par des locuteurs / émetteurs, qui utilisent, en réalité, d’énormes variations langagières dans les discours quotidiens.

 Dans ce contexte et selon l’approche catégorielle établie par les lexicographes, nous souhaitons, d’une part, citer notre première étude  classificatoire du nom et de l’adjectif en arabe marocain ; deux classes lexicales que nous avons  confrontées lors de nos travaux sur des dictionnaires consacrés à ladite langue et nous évoquons, d’autre part, la question du statut lexico-sémantique du nom et de l'adjectif en arabe marocain. A évaluer nos recherches établies sur l’arabe marocain, nous ne pouvons qu’attester une répartition significative. Notre corpus consiste à présenter ce qui suit : les noms singuliers sans correspondants pluriels en A.M, les noms pluriels sans correspondants singuliers en A.M, les adjectifs féminins sans correspondants masculins en A.M, les adjectifs masculins sans correspondants féminins en A.M, les synonymes en A.M, les antonymes en A.M, les noms d’action en A.M…

A vrai dire, nous ne pouvons ignorer que l’évolution d’une langue consiste dans l’ensemble des transformations subies par ses catégories ( E.Benveniste 1969). De ce fait, le premier problème qui se pose à propos des règles linguistiques des catégories lexicales  est celui de les distinguer et d’en délimiter le sens. Pour ce faire, les chercheurs devront tracer trois étapes. Il faut en premier lieu distinguer ces catégories lexicales, ensuite les définir, et en phase finale en décrire la distribution selon leurs normes textuelles ou ce que les grammairiens appellent « l’analyse morphologique » pour laquelle nous développons une application informatisée.

Cela étant, nous souhaitons présenter, dans le deuxième volet de cette  proposition, l’architecture relative à la conception de notre dictionnaire électronique.

Après avoir dépouillé des dictionnaires et collecté les données, nous avons classifié dans notre base de données presque 1000 expressions phraséologiques et 46.000 entrées lexicales : 15.000 noms, 8000 verbes, presque  3000 adjectifs, 1600  noms-composés, presque 1500 noms  d’action, plus de 1000 synonymes nominaux, plus  de 1000  synonymes  verbaux, presque 1000 entrées lexicales pour le lexique spécialisé de l’environnement, (des noms d’action, des noms d’objet …)

A vrai dire, aucun linguiste  ne peut nier que le développement technologique en matière d’informatique a créé, actuellement, une révolution mondiale dans le domaine des sciences du langage, c’est pourquoi nous devons penser, en tant que chercheurs, à exploiter la machine pour restructurer nos corpus et nos ressources lexicographiques.  De surcroît, il nous arrive parfois de disjoindre théoriquement des unités de la langue qui ne se séparent jamais en réalité, alors qu’elles peuvent  être identifiées par le rôle syntaxique et la charge sémantique qu’elles assument, d’où la nécessité d’un aménagement informatique de la langue.

Par ailleurs en arabe marocain, des chercheurs, bien conscients de la disparition d’une langue, essayent de rattraper  ce long retard et ce profond silence pour récupérer un petit peu la cadence ancrée en matière de terminologie en arabe marocain.  Ceci dit, notre propos  n’est pas de reconnaître une légitimité à l’analyse des catégories lexicales en arabe marocain, ni de savoir si la classification de ces derniers est basée sur des critères évaluatifs homogènes par rapport aux normes discursives, mais nous essayerons de dessiner un tableau des catégories lexicales en arabe marocain  pour que nous puissions éclairer les connotations attachées à tel ou tel lexème et montrer comment l’outil informatique participe à la sauvegarde de notre patrimoine sociolinguistique, l’arabe marocain en l’occurrence, et comment il participe à la mondialisation de son langage.

Bibliographie:

° Benveniste E.,1966 : Problèmes de linguistique générale, tome I, Tel Gallimard.

° Taifi M., 2000 : sémantique linguistique, référence, prédication et modalité, Fès, imp.Post-modernité.

°Colin, 1993-96: le Dictionnaire d'arabe dialectal marocain en 8 volumes, Eds. Al-Manahil, Ministère des  affaires culturelles, en collaboration avec le C.N.R.S. Paris.( sous la direction de Zakia Iraqui Sinaceur).

Mots-clés : lexicographie, corpus, informatisation,mondialisation

ID: 789
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 1er cycle
Langue de présentation : Anglais

North American Regional Variation in Uptalk

Pitch contours code information about meaning. Traditionally, contours with high-rising terminals indicate questions, uncertainty, or continuation. Uptalk, however, is a phenomenon in which speakers use high-rising terminals for declarative sentences, without intending to convey those traditional meanings.

Most studies of uptalk have focused on its social variation. However, there has been little reseaarch on the geographical distribution of uptalk. Most studies describe sociolinguistic variation in a single region (eg. Shokeir 2008; Arvaniti and Atkins 2016), or correlate pitch contours to social functions in a single group of friends (eg. Podesva 2011).

In my study, I collected data from across North America to look for large-scale regional variation in uptalk, in order to shed light on its geographical origins. My hypothesis was that uptalk spread out from California to the rest of North America, since uptalk is one of the main features of valley girl speak, a sociolect that supposedly originated with middle-class young women in California (Hoffman 2014).

I collected data from 27 speakers, all native speakers of English between 19 and 23, who had lived for more than 14 years in a single North American city. To collect casual speech, speakers performed two tasks designed to collect a large number of declarative sentences. I labelled each sentence for rising or falling pitch contours. I then assigned each speaker an uptalk score, based on their percentage of tokens with rising contours.

In my analysis, I used an approach inspired by quantitative dialectology (Kretzschmar 1996; Wikle 1997; Callary 1975) in order to preserve subtle regional variation. Instead of organizing speakers into large regional groups, each speaker represented their hometown. I looked for correlations between uptalk and hometown’s location, population size, and population density. I also compared two gender groups.

As in previous research, I found a highly significant difference between the two gender groups (p= 0.001). Cisgender women used a lot of uptalk, while other speakers only used it rarely. In the rest of the analysis, I focused on the 18 cisgender women speakers.

I found that there was a weak negative correlation (p= -0.36) between latitude and use of uptalk. This meant that speakers from farther South were more likely to use uptalk, lending support to the hypothesis that uptalk spread out from California.

This study is one of the first to examine the regional distribution of uptalk on a continental scale. In future research, I would like to collect more data from speakers across North America in order to continue to build the larger picture. Following recent research into the social meaning of uptalk, it would be interesting to see if speakers in different regions use different systems of assigning social meanings to uptalk.

Bibliographie:

Callary, Robert E. "Phonological Change and the Development of an Urban Dialect in Illinois." Language in Society 4.02 (1975): 155. Print.

Clopper, Cynthia G., and Rajka Smiljanic. "Effects of Gender and Regional Dialect on Prosodic Patterns in American English." Journal of Phonetics 39.2 (2011): 237-45. ScienceDirect. ScienceDirect, Apr. 2011. Web. Feb. 2017.

Kretzschmar, W. 1996. Quantitative areal analysis of dialect features. Language Variation and Change 8: 13-39.

Shokeir, Vanessa. "Evidence for the Stable Use of Uptalk in South Ontario English." University of Pennsylvania Working Papers in Linguistics 14.2 (2008): 15-24. Print.

Mots-clés : uptalk, dialectology, regional variation, pitch contours, sociolinguistics

ID: 793
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

Le développement de la conscience sociolinguistique en contexte de super-diversité

Les migrations internationales présentent à l’heure actuelle une intensification importante et des patrons des plus complexes. Les grands centres urbains sont par conséquent le théâtre de mélanges interculturels sans précédent. De cette réalité contemporaine émerge le concept pluridimensionnel de « super-diversité » (Vertovec, 2007), dont l’une des composantes est la super-diversité linguistique. La ville de Londres, en particulier, est identifiée comme haut lieu de la super-diversité, avec des proportions de résidents bilingues ou nés à l’étranger trois fois plus élevées qu’ailleurs au Royaume-Uni (recensement de 2011). Les enfants qui grandissent dans de tels centres urbains sont exposés à une diversité linguistique importante : différentes langues, mais aussi différents accents locaux, régionaux et étrangers. On peut dès lors s’interroger sur le développement de leur capacité à utiliser la variation présente dans le signal pour poser des jugements sociolinguistiques, en particulier sur l’origine géographique des locuteurs.

Pour répondre à cette question, nous avons fait appel à trois groupes d’enfants (n=90, 30 par groupe) âgés de 4 à 7 ans dont l’expérience linguistique différait : un groupe de multi/bilingues vivant à Londres, un groupe de monolingues vivant à Londres et un groupe de monolingues vivant à Hampton (banlieue située à 25 km de Londres où l’environnement linguistique est plus homogène). Ils ont complété deux tests de perception : une tâche de compréhension et une tâche de catégorisation (Girard et al., 2008; Wagner et al., 2014). La première était constituée de questions simples visant à vérifier la compréhension de l’enfant et servait de phase d’exposition aux accents utilisés subséquemment. La tâche de catégorisation enjoignait les participants à regrouper des locuteurs en fonction de leur accent; des figurines issues d’un livre bien connu des enfants britanniques (The Gruffalo’s Child) étaient utilisées pour représenter les regroupements possibles. Les participants étaient assignés à l’une des trois conditions suivantes, qui comportaient chacune deux accents : local-régional, local-étranger, régional-étranger (où accent local : Londres; régional : Yorkshire ou Derbyshire; étranger : singapourien ou hispanophone).

Tous les groupes de participants ont obtenu des résultats similaires et au-delà du seuil du hasard dans la tâche de compréhension. Quant à la tâche de catégorisation, les multi/bilingues ont surpassé les monolingues et sont les seuls à avoir réussi la tâche au-delà du seuil du hasard dans la condition local-régional. Les monolingues de Londres ont par ailleurs mieux réussi dans l’ensemble que les monolingues de Hampton. Ces résultats suggèrent que l’expérience linguistique hâtive d’un locuteur est un facteur déterminant dans le développement de sa conscience sociolinguistique. Alors que l’acquisition de plus d’une langue a avantagé le groupe des multi/bilingues, chez les monolingues, le développement de la conscience sociolinguistique semble avoir été favorisé par l’exposition à la super-diversité.

Bibliographie:

Girard, Frédérique, Caroline Floccia et Jeremy Goslin (2008), « Perception and awareness of accents in young children », British Journal of Developmental Psychology, vol. 26, no 3, p. 409-433.

Vertovec, Steven (2007), « Super-diversity and its implications », Ethnic and Racial Studies, vol. 30, no 6, p. 1024-1054.

Wagner, Laura, Cynthia G. Clopper et John K. Pate (2014), « Children’s perception of dialect variation », Journal of Child Language, vol. 41, no 5, p. 1062-1084.

Mots-clés : perception, enfants, super-diversité, expérience linguistique, catégorisation d’accents

ID: 795
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

La motivation en langues étrangères : observation des apprenants de FLS/FLE et d’ELE en contexte montréalais

La motivation en langues étrangères : observation des apprenants de FLS/FLE et d’ELE en contexte montréalais

En tant que professeurs, nous pouvons constater une certaine insatisfaction chez les étudiants allant parfois jusqu’à une démotivation générale vis-à-vis du programme scolaire, de l’établissement, du manuel utilisé en classe, de l’enseignement, de la progression et autres causes externes. Tout compte fait, il existe de nombreux facteurs qui peuvent agir sur la motivation de l’apprenant à suivre des cours généraux, mais lorsqu’il s’agit de l’apprentissage des langues, il y a d’autres paramètres supplémentaires qui auront une incidence importante sur le développement linguistique des individus, compte tenu du rôle de la langue en tant que canal d’organisation sociale, partie intégrale de l’identité individuelle et système d’encodage de la communication (Dörnyei, 1998, p. 118).

Par conséquent, étant donné que la motivation est un sujet très complexe et dans le but de mieux cerner ce concept dans l’observation du cours de FLS/FLE réalisée dans un collège anglophone et du cours de ELE dans une université francophone en contexte montréalais, cette étude se base sur le modèle de Dörnyei intitulé Motivation Construct, paru en 1994 et qui nous semble être le plus adapté à l’apprentissage d’une L2. Bien que ce dernier date de plus de vingt ans, il nous permet de limiter notre analyse de la motivation à partir de la perspective de la salle de cours (Dörnyei, 2001, p. 18), à travers trois niveaux : niveau de la langue, niveau de l’apprenant et niveau de la situation d’apprentissage, qui font partie des trois constituants de base du processus d’apprentissage d’une L2, c’est-à-dire, la L2, l’apprenant de L2 et l’environnement de l’apprentissage de L; reflétant ainsi les trois différents aspects de la langue : la dimension sociale, la dimension personnelle et la dimension du sujet éducationnel (Dörnyei, 1994, p. 283).

Avec cette communication nous prétendons mettre en évidence les raisons et les objectifs des étudiants anglophones ayant le désir d’apprendre le français et des étudiants francophones qui apprennent l’espagnol à Montréal, dans le but pour les enseignants d’adopter des démarches pédagogiques facilitant la compréhension de la matière et encourageant leurs apprenants à participer davantage à divers contextes communicatifs dans les langues cible. L’objectif final serait de présenter une grille d’analyse de la situation d’enseignement qui serait mise à la disposition des enseignants afin de leur faciliter la préparation de leurs cours dans une perspective motivationnelle.

Bibliographie:

Dörnyei, Z. (1994). Motivation and motivating in the foreign language classroom. The modern language journal, 78(3), 273-284.

Dörnyei, Z. et Ushioda, E. (2011). Teaching and researching motivation. Harlow, UK Pearson education.

Gardner, R.C. et Lambert, W.E. (1972). Attitudes and motivation in second language learning. Rowley, Massachussetts : Newbury House Publishers, Inc.

Gardner, R.C. (1985). Social psychology and second language learning : The role of attitudes and motivation. London : Edward Arnold.

Mots-clés : Motivation, espagnol, français, langues étrangères

ID: 797
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 1er cycle
Langue de présentation : Français

Revitalisation des langues en danger : une approche pragmatique

La problématique de la pertinence des efforts de revitalisation des langues en situation d’étiolement semble faire l’objet d’un certain consensus, par rapport auquel je me trouve mitigée. En effet, tant les communautés de professionnels du langage que celles de locuteurs en général semblent s’accorder pour affirmer que la mort des langues est nécessairement dramatique, et que l’on se doit donc de maintenir en vie – artificiellement – ces langues menacées. Or, je pose que cette attitude face à l’étiolement linguistique est une réaction émotive causée par la perte d’un symbole culturel et identitaire, et non le résultat d’une analyse posée du phénomène. Car, si on affirme que la mort des langues est affligeante, on ne sait pas nécessairement pourquoi, ou on va croire qu’elle entraine la mort de façons de voir le monde. Cette dernière supposition est d’ailleurs le résultat d’une mésinterprétation de l’ordre de causalité entre les phénomènes de la mondialisation et de l’étiolement linguistique, logique que je prends soin de reconstituer dans ma présentation.

C’est un fait, la mort des langues est exponentiellement rapide à travers le monde. Mais on croit freiner cette hécatombe en tentant de maintenir en vie des langues délaissées par leurs locuteurs, alors que cette méthode ne peut être efficace qu’avec le soutien massif des peuples concernés – ce, par une importante résistance à l’homogénéisation culturelle. Car c’est cette dernière qui entraine l’homogénéisation linguistique. Ainsi, afin de contrer efficacement la dégénérescence du nombre de langues vivantes, c’est aux fondements de l’homogénéisation culturelle, de la mondialisation même qu’il faut s’attaquer. Le symbole de la mort d’une langue est très fort. Mais il faut comprendre qu’il s’agit bien d’un symbole, d’un symptôme, et non pas d’un problème en soi. Or, pour gérer un problème, il vaut mieux s’occuper de sa racine, soit la mondialisation, que soigner ses branches déjà sèches, soit les langues en péril.

Bref, que faire si la revitalisation linguistique est insuffisante ? J’estime que nous avons trois options générales : premièrement, continuer de croire que la revitalisation linguistique est suffisante et ne rien changer à nos méthodes ; deuxièmement, adopter la politique du laisser-faire, donnant libre cours à la sélection naturelle des langues ; finalement, développer un plan d’action international impliquant des spécialistes de tous les horizons des sciences sociales et économiques afin de vraiment freiner l’effarant étiolement linguistique ayant cours depuis les débuts de la colonisation. Les implications de chacune de ces options seront détaillées avant d’être soumises au débat collectif. Car c’est là le but ultime de cette démonstration : provoquer des discussions menant, au mieux, à des décisions qui auront le plus grand impact positif possible sur l’avenir linguistique et culturel de l’humanité.

Bibliographie:

Gots, J. (2016, 5 mars) Entrevue avec Yann Martel. Dans Think Again [podcast] Récupéré le 30 octobre 2016 de http://podbay.fm/show/1002073669/e/1457175600?autostart=1

Hagège, C. (2002). Halte à la mort des langues. Paris : Odile Jacob. Récupéré le 17 décembre 2016 de https://fr.scribd.com/doc/15047544/La-mort-des-langues-facteurs-d-extinction-ou-de-maintient

Sabourin, P. et Vézina, S. (2013) Protection des langues nationales : Quelques exemples européens. Note de recherche (8). Montréal : Institut de recherche sur le Québec. Récupéré de http://irq.quebec/wp-content/uploads/2015/03/No8_Langues.pdf

Valdman, A. (1997) Étiolement linguistique. Dans Moreau, M. L. (éd.) Sociolinguistique, Concepts de base. (p. 144-151) 2e éd. Liège : Mardaga.

Mots-clés : Attitudes linguistique, étiolement, homogénéisation culturelle

ID: 799
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

Les Kenningar de Jorge Luis Borges: de la poésie scaldique islandaise à la réflexion à propos du destin humain.

L’écrivain argentin Jorge Luis Borges est sans doute l’un des écrivains du monde hispanique qui a montré le plus d’intérêt envers les littératures germaniques du Moyen Âge, notamment, envers une culture qui, malgré la qualité et l’extension de sa production littéraire, est restée isolée dans l’ensemble du contexte culturel européen. On parle de la littérature scandinave, à laquelle l’auteur a eu accès pendant sa jeunesse grâce à la grande bibliothèque de son père, dans laquelle on pouvait trouver, entre autres, de nombreuses traductions de l’islandais envers l’anglais signées par l’érudit britannique William Morris.

L’intérêt de Borges à l’égard de la culture nordique ne se manifestera, pourtant, que quelques années après ; en effet, notre auteur ne publiera qu’en 1933 son essai Les Kenningar (en collaboration avec Francisco Colombo). Dans cet essai, il entamera l’analyse d’un type spécial de métaphore qui agira en élément stylistique fondamental de la poésie scaldique islandaise depuis le IXème siècle de notre ère. À partir de ladite publication, la critique a tenté de déterminer l’influence que ce type de construction métaphorique a eu tant dans la poésie que dans la prose de l’écrivain argentin, en arrivant même à faire dériver l’ Ursprache présente dans le conte «Tlön, Uqbar, Orbis Tertius» des métaphores de l’ancien islandais. (Jónsdóttir, 1995: 135).

D’autre part, des auteurs tels que Teodosio Fernández sont arrivés à démontrer l’invalidité de telles propositions, en faisant remarquer le fait que la présence des kenningar dans certains des poèmes de Borges (comme par exemple "Fragmento") répond uniquement à un intérêt de l’écrivain pour apparenter ses compositions au contexte littéraire scandinave, de telle sorte que, d’après ce chercheur, « elles montrent que Borges tentait de limiter l’utilisation des kenningar à un domaine très précis et que ce domaine devait être nécessairement expliqué » (Fernández, 2000: 90). Bien que ces études soient révélatrices à propos de l’existence d’une filiation germanique dans plusieurs textes de notre écrivain, elles ne réussissent pas toujours à refléter de manière précise les valeurs sémantiques que l’insertion desdites structures métaphoriques apporte au poème. Ces études s’avèrent être, de même, insuffisantes pour rendre compte des nouvelles significations qui, d’après les théories de l’intertextualité littéraire, surgissent à partir de la recontextualisation du kenning.

Le but de cette communication sera alors d’expliquer comment Jorge Luis Borges entreprend la difficile tâche de transposer à l’espagnol une figure apparentant à un contexte littéraire et culturel différent et d’établir quelles seraient les connotations dérivées du contact de deux mondes aussi éloignés et dans l’espace et dans le temps que l’hispanophone et le scandinave. Pour ce faire, on tiendra compte des difficultés linguistiques et socioculturelles que ce type de transpositions comportent lors des procès de globalisation littéraire. Finalement, on essayera de montrer que l’ouvre de Borges se caractérise notamment par son énorme capacité d’exprimer, à travers des formules d’une autre langue et d’une autre tradition, l’inquiétude humaine envers la thématique du destin.

Bibliographie:

Alazraki, Jaime. La prosa narrativa de Jorge Luis Borges. Madrid: Gredos, 1983.

Borges, Jorge Luis. Literaturas germánicas medievales. Madrid: Alianza Editorial, 1995.

Poesía completa. Barcelona: Lumen, 2011.

Fernández, Teodosio. «Jorge Luis Borges y el destino escandinavo», La aurora y el poniente. Borges (1899-1999). Edited by Manuel Fuentes and Paco Tovar. Tarragona: Universitat Rovira i Virgili, Departament de Filologies Romàniques, 2000: 89-96.

Jónsdóttir, Margrét. «Borges y la literatura islandesa medieval», Acta poética, vol. 16, nº. 1-2 (1995) 123-157.

 

Mots-clés : Borges, kenningar, poésie islandaise, destin

ID: 801
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

„Meine Gegenwart, überschrittene Zukunft“. La littérature germanophone d'auteures originaires du Caucase: un exemple de traduction culturelle.

Notre recherche s'intéresse à la représentation des lieux de transit culturels et des processus de construction identitaire dans des textes en langue allemande d'auteures originaires du Caucase. Les trois aspects suivants servent de point de départ: langue, lieux et genre. Le corpus est composé de textes d'auteures d'origine caucasienne, et par le fait même, "(post)soviétique", dont Olga Gjrasnowa (Die juristische Unschärfe einer Ehe, 2014), Nellja Veremej (Berlin liegt im Osten, 2013), und Nino Haratischwili (Das achte Leben (Für Brilka), 2014).
Nous soutenons que d'écrire dans une langue déterritorialisée s'apparente au travail du traducteur, les auteur(e)s traduisant leur culture du contexte culturel d'origine vers un contexte cible. Leurs textes doivent donc être par conséquent considérés comme des ¨translations without originals¨ (Apter 2006) et être analysés à l'aide de modèles théoriques provenant du domaine de la traductologie.
Tout comme Emily Apter, qui soutient dans Against World Literature (2013) que la littérature-monde n'est pas synonyme d'universalité, et qui souligne l'importance de l'intraduisibilité, les textes transnationaux issus de notre corpus ne sont pas analysés comme des universalismes sans origine particulière, mais plutôt comme le résultat d'un processus de traduction, pour lesquel le système cible (Vermeer 2004) joue un rôle tout aussi important qu'en traduction.
Utiliser la traduction comme point de départ théorique nous permet de souligner non pas l'hybridité de la littérature transculturelle, mais plutôt le dialogue entre deux cultures qui en résulte, alors que ces cultures se trouvent reterritorialisées et ancrées dans le contexte germanophone.
Notre théorie trouve sa source dans les écrits de Doris Bachmann-Medick qui, depuis The Translational Turn, a jeté les bases de ce qu'elle souhaite être un „translational turn“ dans les études culturelles, qui serait lui-même la suite logique du „cultural turn“ en traductologie:
„The globalization of world society, in particular, demands increased attention to mediation processes and problems of transfer, in terms both of the circulation of global representations and ,travelling concepts’ and of the interactions that make up cultural encounters. Here, translation becomes, on the one hand, a condition for global relations of exchange (,global translatability’), and on the other, a medium especially liable to reveal cultural differences, power imbalances and scope for action.“ (Bachmann-Medick 2009, 2)
C'est dans cet esprit que les textes de notre corpus sont analysés à l'aide de critères issus du domaine de la traduction et de la traductologie, comme les problèmes de traduction, l'intraduisibilité, le public visé, etc., ce qui constitue en une tentative d'appliquer la théorie du "translational turn" à la littérature.

Bibliographie:

Apter, E. (2013). Against World Literature : On the Politics of Untranslatability. London, New York: Verso.

Bachmann-Medick, D. (2009). „Introduction: The translational turn“. In: Translation Studies, 2/1.

Bassnett, S. & Lefevere, A. (1998). Constructing Cultures: Essays on Literary Translation. Clevedon: Multilingual Matters.

Ette, O. (2005). ZwischenWeltenSchreiben. Literaturen ohne festen Wohnsitz. Berlin: Kulturverlag Kadmos.

Yildiz, Y. (2011). Beyond the Mother Tongue. The Postmonolingual Condition. New York: Fordham University Press.

Mots-clés : Littérature germanophone, traductologie, transculturalité, mondialisation

ID: 803
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

Frontières linguistiques et frontières politiques : étude de certaines caractéristiques du parler basque du labourd côtier.

Les frontières linguistiques (entre dialectes) et les frontières politiques entre états ne coïncident pas toujours (Thomas 1999, Veny 1993), comme l’illustre la langue basque, parlée sur l’état espagnol, comme sur l’état français. Ce travail qui a pour axe principal la dialectologie, tend à démontrer la perméabilité de la frontière, à travers l’observation du continuum dialectal basque et en particulier l’étude de certaines caractéristiques phonologiques et morphologiques du labourdin côtier – situé sur territoire français – étroitement liées aux dialectes situés au sud ou « de l’autre côté » de la frontière.

Les recherches et le classement proposé par Louis-Lucien Bonaparte sont considérés comme point de départ de la dialectologie basque. Dans son œuvre Le verbe basque en tableaux (1991 ) il classe le parler de la côte labourdine, aussi dénommé « kostatar », parmi les sous dialectes du labourdin (226). La situation géographique de ce parler est d’un intérêt particulier, notamment de par sa proximité avec les provinces du Guipúzcoa et de la Navarre, situés sur l’état espagnol.

Néanmoins, il faut signaler qu’il n’existe aucune description précise du parler côtier du Labourd et que ce parler évolue pour diverses raisons : changement des modes de vie, influence du basque unifié ou du dialecte bas-navarrais notamment, ainsi que l’influence du français. C’est pour cela que nous croyons qu’il est urgent d’apporter une description riche et précise du parler de la côte labourdine dans le but, entre autres, d’éclairer la classification des dialectes basques, tout en offrant la possibilité d’analyser l’évolution diachronique de cette variation linguistique.

Afin de proposer une description des caractéristiques du parler qui nous intéresse, nous avons constitué un corpus oral, composé d’enregistrement de locuteurs choisis suivant les critères habituels en dialectologie (Sanchís Guarner 1953; Chaurand 1972). Nous prendrons aussi en compte les témoignages que nous disposons de cette zone, des travaux de dialectologues mais aussi des écrits ou des correspondances d’auteurs labourdins (Vinson 1984; Mitxelena 2001).

La division de certaines caractéristiques coïncide avec la frontière franco-espagnole, comme la prononciation des vibrantes ou encore la conservation de l’aspiration chez les locuteurs du territoire français. D’autre part, nous nous focaliserons sur les caractéristiques que le kostatar partage avec les parlers situés de l’autre côté de la frontière, comme la palatalisation des consonnes /n/ et /l/ après /i/ ou encore sur certaines similitudes du système verbal. Cette étude met en relief que les isoglosses ne concordent pas toujours avec la frontière politique et que la particularité du kostatar est dû à sa combinaison exclusive de caractéristiques.

Bibliographie:

Bonaparte, Louis-Lucien. 1991. Opera Omnia Vasconice. Bilbao : Académie de la langue basque.

Chambers, Jack & Trudgill, Peter. 1998. Dialectology, 2nde édition. Cambridge : Cambridge University Press.

Chaurand, Jacques. 1972. Introduction à la dialectologie française. Paris-Bruxelles-Montréal : Bordas.

Thomas, Paul-Louis. 1999. Frontières linguistiques, frontières politiques. Histoire Épistémologie Langage, XXI/1. 63-82.

Veny, Joan. 1992. Fronteras y áreas dialectales. In Actas del Congreso Internacional de Dialectología, Iker-7. Bilbao : Académie de la langue basque. 197-245.

Mots-clés : Dialectologie, langue basque, labourdin.

ID: 805
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

RELATION ENTRE L’ACCULTURATION D’APPRENANTS ALLOPHONES ADULTES DE FRANÇAIS LANGUE SECONDE ET LEURS ATTITUDES ENVERS LE FRANÇAIS QUÉBÉCOIS FAMILIER À L’ORAL ET SON ENSEIGNEMENT EN CLASSE

Au Québec, on remarque que certains apprenants allophones de français langue seconde portent des jugements relativement dépréciatifs envers la variété dialectale locale, démontrant une préférence pour l’apprentissage de la variété du français hexagonale standard (Calinon, 2009 ; Guertin, 2016 ; Kircher, 2012). Or, pour des raisons d’intégration sociale dans la communauté d’accueil, une connaissance des particularités du français parlé au Québec s’avère fondamentale (Valdman, 2000 ; Veilleux, 2012). Ainsi, dans l’enseignement du français langue seconde, plusieurs auteurs tels que Cuq et Gruca (2005) recommandent d’exposer les apprenants aux spécificités du français local, et ce dès le niveau débutant.

 

Cela dit, l’image que les apprenants entretiennent d’une langue peut nuire à cet apprentissage (Matthey, 1997 ; Muller, 1998), influençant leurs attitudes et leur motivation à cet égard (Gardner, 1985 ; Lagabaster, 2006 ; Muller, 1998). Ces attitudes ne sont toutefois pas immuables puisque les expériences que vit un apprenant en lien avec la langue cible, notamment par le contact avec les locuteurs natifs, peuvent contribuer à les modifier. Schumann (1976, 1985) a par ailleurs mis en évidence l’impact notoire du contact avec l’Autre dans l’apprentissage d’une langue seconde. Selon cet auteur, un individu ouvert à la culture des membres de la langue cible participera à plus d’interactions avec ces derniers, favorisant de cette manière l’apprentissage de la langue seconde.

 

Dans notre étude, nous souhaitions examiner la relation existante entre l’acculturation des apprenants de français langue seconde à Montréal et leurs attitudes à l’égard du français québécois familier à l’oral et son enseignement en classe. Pour ce faire, nous avons mené une étude descriptive corrélationnelle, à l’aide de deux questionnaires remis à un groupe d’apprenants allophones adultes provenant de la Colombie et du Venezuela. Ceux-ci étaient inscrits dans un programme de français langue seconde en milieu universitaire à Montréal.

 

Les résultats obtenus par notre étude nous permettent d’observer quel est le degré d’acculturation de certains apprenants de français langue seconde à Montréal, leurs attitudes envers le français familier oral parlé au Québec et son enseignement dans leur cours. Aussi, les résultats nous ont permis de répondre à notre question de recherche principale, à savoir : « quelle est la relation entre le degré d’acculturation d’apprenants de français langue seconde et leurs attitudes envers le français québécois familier à l’oral et son enseignement ? ».

 

Cette communication vise à faire écho de nos résultats principaux afin de permettre une meilleure compréhension de la problématique et de la situation actuelle chez certains immigrants allophones adultes apprenant le français. Quelques recommandations applicables dans le domaine de l’enseignement du français langue seconde seront également présentées, et ce pour favoriser des attitudes positives et l'encouragement d'activités interculturelles.

Bibliographie:

Guertin, M. (2015). Variation sociophonétique dialectale ou stylistique ? Attitudes linguistiques et langue cible en français langue seconde à Montréal. (Mémoire de maitrise non publié). Université du Québec à Montréal.

Dewaele, J.-M. (2006). L’effet des variables objectives et affectives sur la maitrise orale de multilingues adultes. Études de linguistique appliquée, 4, 441–464.

Schumann, J. H. (1978). The acculturation model for second-language acquisition. Dans R. C. Gingras (dir.), Second-language acquisition and foreign language teaching (p. 27-50). Washington, D.C. : Center for Applied Linguistics.

Berry, J. W. (2005). Acculturation: Living successfully in two cultures. International Journal of Intercultural Relations, 29, 697-712.

Amireault, V. (2007). Représentations culturelles et identité d’immigrant adultes de Montréal apprenant le français. (Thèse de doctorat non publiée). Université McGill.

Mots-clés : Acculturation, attitudes linguistiques, français québécois familier à l'oral, français langue seconde.

ID: 807
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

Pourquoi et la périphérie gauche des infinitives en français

Dans le cadre théorique de la cartographie, la périphérie gauche est une série de projections fonctionnelles dans un ordre fixe dans la position de spécificateur d’une proposition (Shlonsky 2010: 417). Rizzi (2001) et Shlonsky & Soare (2011) proposent que les mots why, perché, et leurs équivalents dans d’autres langues se comportent différemment que les autres mots Qu- et que ce phénomène peut être expliqué par des structures distinctes de la périphérie gauche. Voici un exemple qui illustre la différence de comportement en anglais :

(1) I asked Bill how to serve spiced eggplants.
(2) *I asked Bill why to serve spiced eggplants.

Je développe ce thème dans mon travail et je propose que les solutions proposées par Rizzi et Shlonsky & Soare doivent être modifiées pour rendre compte du comportement de pourquoi en français.

Pour Rizzi (2001), why est le seul mot Qu- qui a la possibilité de ne pas laisser une trace. Les autres mots Qu- sont engendrés dans la phrase et déplacés vers la périphérie gauche, mais why est généralement engendré directement dans la périphérie gauche dans une projection dédiée, InterrogativeP. Néanmoins, selon Shlonsky & Soare (2011), le modèle de Rizzi ne peut pas rendre compte de l’agrammaticalité de la phrase en (2). Pour traiter cette difficulté, ils introduisent une nouvelle projection, ReasonP, dont le spécificateur sert de position de fusion externe pour le mot why, mais ils affirment également qu’il doit forcément se déplacer de cette position à InterrogativeP. Ils proposent une structure tronquée chez les propositions infinitives enchâssées pour empêcher des déplacements qui entraîneraient des phrases agrammaticales comme celle en (2). Aucun élément ne peut être déplacé à l’une des projections entre crochets à l’intérieur d’une proposition infintive :

(3) [ForceP > IntP > TopicP > FocusP] > WhP > … > ReasonP

Pourtant, quand on applique la solution de Shlonsky & Soare au cas du français, quelques difficultés se manifestent. Selon la structure tronquée, une phrase comme (4) serait exclue à tort, dû au déplacement de pourquoi de ReasonP à InterrogativeP, ce dernier ne faisant pas partie de la structure tronquée de l’infinitive.

(4) *Je ne sais pas [IntP pourquoii [ReasonP ti [… faire ce test]]].

Je propose que le modèle de Shlonsky & Soare pour les infinitives soit retenu, mais qu’il soit adapté pour permettre que pourquoi puisse rester in situ après être engendré dans ReasonP dans certaines langues. Lorsqu’un déplacement de pourquoi hors de ReasonP n’est plus forcé, une phrase comme (5) devient possible :

(5) Je ne sais pas [ReasonP pourquoi [… faire ce test]].

Shlonsky & Soare justifient de manière convaincante les avantages de leur modèle par rapport à celui de Rizzi, mais il s’avère que leur modèle rencontre des difficultés quand il est appliqué au mot pourquoi en français. Pourtant, avec la modification que je propose, le modèle réussit à traiter les données en français de façon harmonieuse.

Bibliographie:

Duffield, N. (2015). Where not to put why, and why not? The Journal of Konan University. Faculty of Letters, (165), 57-68.

Rizzi, L. (1990). Relativized minimality. Cambridge: MIT Press.

Rizzi, L. (2001). On the position “Int(errogative)” in the left periphery of the clause. Current Studies in Italian Syntax: Essays Offered to Lorenzo Renzi, 287-296.

Shlonsky, U. (2010). The cartographic enterprise in syntax. Language and linguistics compass, 4(6), 417-429.

Shlonsky, U., & Soare, G. (2011). Where’s ‘why’? Linguistic Inquiry, 42(4):651-669.

Mots-clés : syntaxe, français, périphérie gauche, cartographie

ID: 809
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

Les perceptions d’apprenants immigrants adultes quant à la valeur d’activités interculturelles pour leur apprentissage du français et leur intégration à la société d’accueil.

Dans un contexte de globalisation et de sociétés pluriculturelles, un domaine de recherche en didactique des langues a vu le jour : l’intégration de la compétence de communication interculturelle (CCI) en enseignement/apprentissage des langues (Byram, 1997; Lazar et al., 2007; Lussier, 1997, 2005). Bien que le Cadre européen commun de référence pour les langues (Conseil de l’Europe, 2001) et le Programme-cadre de français pour les personnes immigrantes adultes au Québec (MICC et MELS, 2011) recommandent le développement de la CCI, celle-ci est difficilement intégrée en enseignement des langues (Olivencia, 2008; Zarate et al., 2003). Un enseignement traditionnel de la Culture (faits culturels, évènements marquants, etc.) prédomine sur l’enseignement de la culture (modes de vie, valeurs, etc.) (East, 2012; Olivencia, 2008; Sercu, 2002). Pour remédier à cette situation, divers auteurs et praticiens européens ont développé des activités interculturelles. À notre connaissance, il existe peu d’activités interculturelles développées pour le programme de francisation offert aux nouveaux arrivants du Québec. La présente étude a pour objectif de décrire les perceptions d’apprenants immigrants adultes quant à la valeur (intérêt et utilité) d’activités interculturelles pour leur apprentissage du français et leur intégration à la société d’accueil. Cette communication vise la présentation du concept de la compétence de communication interculturelle et de quatre activités interculturelles qui seront réalisées auprès de nos participants.

Bibliographie:

Amireault, V. (2007). Représentations culturelles et identité d'immigrants adultes de Montréal apprenant le français. (Thèse de doctorat). Université McGill, Montréal.

Byram, M. (1997). Teaching and assessing intercultural communicative competence. Clevedon : Multilingual Matters.

Čebron, N., Golubeva, I. et Osborne, J. (2015). Intercultural activities through the eyes of students : feedback from the IEREST project. Journal of Linguistic Intercultural Education, 8, 59-72.

Lussier, D. (2010). Theoretical bases of a conceptual framework with reference to intercultural communicative competence. Journal of Applied Linguistics, 4(3), 309-332.

Zarate, G., Gohard-Radenkovic, A., Lussier, D. et Penz, H. (2003). Médiation culturelle et didactique des langues. Strasbourg : Éditions du Conseil de l'Europe : Centre européen pour les langues vivantes.

Mots-clés : compétence de communication interculturelle; activités interculturelles; apprenants immigrants adultes du français langue seconde; intégration

ID: 811
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 2e cycle
Langue de présentation : Français

L’acquisition de l’expression du déplacement chez des enfants de 3 à 7 ans locuteurs du français martiniquais

Les enfants locuteurs du français martiniquais (FM) évoluent au sein d’un environnement linguistique où le FM côtoie le créole martiniquais (CM). Les alternances codiques ainsi que les emprunts lexicaux et syntaxiques quotidiens donnent lieu à une zone discursive intermédiaire (cf., Prudent 1981, 2005), qui confère au parler des habitants de la Martinique un ensemble d’expressions (style rhétorique) qui leur sont propres (cf., Slobin 1996). La culture martiniquaise est donc distincte de celle de la France hexagonale, malgré le rattachement politique à cette dernière. On sait que, dès l’âge de 3 ans, les enfants commencent à acquérir le style rhétorique des adultes qui les entourent (Slobin 1996) et que ce style oriente le développement de la langue, et, particulièrement, le développement du langage spatial, qui, dans notre étude, porte sur l’expression du déplacement. Nous avons donc choisi de reprendre les résultats de Hickmann et al. (2009) pour le français parisien (FP) et de les comparer aux données d’enfants martiniquais du même âge, car nous pensons que, en raison des particularités culturelles de la Martinique, des différences pourraient émerger tant dans l’acquisition que dans le choix des outils linguistiques pour parler du déplacement. Hickmann et al. (2009) avaient choisi de comparer les moyens utilisés par des enfants de 3 à 7 ans pour parler du déplacement au sein de langues typologiquement distinctes (cf., Talmy 2000), le français (de Paris) et l’anglais (de Cambridge). Notre étude se veut de comparer la typologie du déplacement au sein des dialectes (FM et FP) d’une même langue (le français). À l’automne 2017, nous recueillerons les productions d’enfants de 3, 4, 6 et 7 ans scolarisés au sein d’une école primaire du Nord de la Martinique après qu’ils ont visionné des vidéos où des personnages effectuent des déplacements vers le haut, vers le bas ou à travers un référent. Cela nous permettra de dégager des résultats préliminaires, ainsi que les résultats finaux, nécessaires à notre mémoire.

Bibliographie:

Hickmann, M., Taranne, P., & Bonnet, P. (2009). Motion in first language acquisition: Manner and Path in French and English child language. Journal of Child Language, 36(4), 705-741. doi:10.1017/S0305000908009215

Prudent, L.-F. (1981). Diglossie et interlecte. Langages, 13-38.

Prudent, L.-F. (2005). Interlecte et pédagogie de la variation en pays créoles. In L.-F. Prudent, F. Tupin, & S. Wharton (Eds.), Du plurilinguisme à l'école : vers une gestion coordonnée des langues en contextes éducatifs sensibles (pp. 359-378). Berne Suisse: Peter Lang.

Slobin, D. I. (1996). From « thought and language » to « thinking for speaking ». In J. J. Gumperz & S. C. Levinson (Eds.), Rethinking linguistic relativity (pp. 70-96). Cambridge: Cambridge university Press.

Talmy, L. (2000). Toward a cognitive semantics. Cambridge, Massachusetts: MIT Press.

Mots-clés : français martiniquais ; acquisition ; typologie déplacement

ID: 813
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Français

Impact de la mondialisation sur la culture et le langage au Maroc

La mondialisation est un processus complexe surgit dans les années 90, elle a marqué l'histoire du monde et plusieurs peuples ont vu leur culture et ainsi leur langage changer dans un temps limité. Ce changement culturel est de plus en plus marquant dans un pays en voie de développement comme le Maroc. Il est accéléré par les moyens de communication et surtout par l’essor fulgurant d’internet qui fait que le langage s’imprègne de certains traits culturels étrangers.
La société marocaine a subi de grandes transformations depuis l'indépendance, ces changements sont de plus en plus accélérés avec l'avènement du processus de la mondialisation et l'ouverture du pays sur le marché international. Le Maroc, et, à l’instar de plusieurs pays en voie de développement a lancé avec succès plusieurs chantiers de réforme visant l'accélération de la croissance économique ainsi que la création d'emplois. Toutefois, la mondialisation entraîne des rapports de force linguistiques qui reflètent les grands enjeux de la transformation politique, économique et culturelle que subit l’ensemble de la région. Ces décisions stratégiques ont donc un impact sur la culture et ainsi sur le langage marocain, ce dernier a connu des transformations notables comme l’utilisation accrue de la langue française (au détriment des langues nationales) dans les médias marocains, la littérature mais aussi dans le langage quotidien d’une grande majorité de la population marocaine. Ainsi, l’ouverture du royaume sur d’autres cultures et d’autres langues étrangères crée une discrimination en faveur des langues et des cultures minorées.
Plusieurs auteurs, tel que Yves Montenay, s’accordent à dire que, dans un monde mondialisé, le Français est de moins en moins parlé et perds ses positions face à l’anglais. Qu’en est-il alors du Maroc ? Et quelles sont les politiques engagés dans ce sens ?
En effet, le Maroc dispose aujourd’hui d'un patrimoine culturel riche et diversifié, chaque région possède ses particularités langagières contribuant ainsi à la culture et à l’héritage civilisationnel. Cependant, la situation sociolinguistique présente le constat selon lequel le statut des langues nationales est très menacé avec l’avènement de la mondialisation, nous nous intéresserons surtout au français qui est devenu une langue de premier rang (par rapport à l’anglais et l’espagnol). Cela pour plusieurs raisons, d’abord parce que la France constitue toujours le premier partenaire commercial du Maroc mais aussi l’utilisation de cette langue étrangère est liés à plusieurs valeurs sociales comme la richesse, l’argent, le pouvoir et la culture.

L’examen de ces questions conduira à poser le problème crucial de la gestion de la diversité langagière dans le sillage de la mondialisation au Maroc. L’objectif de notre communication est aussi de connaître le fonctionnement langagier et culturel autour du thème de la mondialisation dans et à travers le filtrage culturel et sociolinguistique, les visions du monde de la communauté marocaine conjugués aux valeurs sociales.

Bibliographie:

Cassin, Barbera,  Plus d’une langue, Éditions Bayard : Paris, France, 2012

Charrad, Wadii,  Education : l’anglais remplacera-t-il le français ?, 2015

Yves Montenay, La langue française face à la mondialisation, Les Belles Lettres, 2005

Hannah Aarendt, La crise de la culture, Poche, 1989

Boukous, A. Société, langues et cultures au Maroc, Rabat,
Publications de la Faculté des Lettres, 1995

Boukous, A. , « La politique linguistique au Maroc : enjeux et
ambivalences », in Les politiques linguistiques, mythes et réalités,
Universités francophones, Beyrouth, AUPELF-UREF, p. 73-82, 1996

Bourdieu, P., Ce que parler veut dire. Economie des échanges
linguistiques, Paris, Fayard, 1982

Mots-clés : Mondialisation, culture, statut des langues, la diversité langagière

ID: 816
Statut du présentateur : Étudiant(e) de 1er cycle
Langue de présentation : Français

Étude du lieu d’articulation chez un groupe de locuteurs de la LSQ âgés de 63 à 81 ans

Au Québec, la population sourde utilise majoritairement la langue des signes québécoise (LSQ). Pourtant, la langue et la culture de ces locuteurs demeurent encore méconnues du reste de la population québécoise. Dans le contexte alarmant où la mondialisation amène l’étiolement des langues minoritaires, nous nous intéressons à recueillir le lègue d’une génération linguistiquement unique, celui des ainés sourds (Luna, 2015). Ainsi, cette étude s’intéresse aux variations phonologiques dans un groupe de sept locuteurs sourds âgés entre 63 et 81 ans ayant la LSQ pour langue première.

Nos résultats reposent sur des productions de noms en forme de citation analysées selon les trois principaux constituants phonologiques des langues des signes : la configuration manuelle, le lieu d’articulation et le mouvement (Stokoe, 1960/2005). Toutefois, dans le cadre de cette étude, nous nous sommes penchées sur la variation du lieu d’articulation. Les noms produits par les participants sont les mêmes que ceux décrits dans un outil d’évaluation phonologique (Parisot, s.d.). Cet outil rend compte des constituants phonologiques de signes simples, censés être connus autant par les enfants que par les plus âgés. L’élicitation des noms a été faite à partir d’images afin de n’obtenir qu’un seul signe pour chaque nom. Tous les participants ont été filmés, ce qui a permis l’analyse fine de leurs productions. Un total de 35 signes, produits minimalement par deux de nos sept participants, forme le corpus de 158 occurrences. Notre analyse nous a permis de vérifier si les productions des ainés sourds atteignaient, entre autres, le lieu d’articulation attendu selon ce qui est décrit dans l’outil phonologique.

Compte tenu que les aspects de la phonologie dans les langues des signes requièrent beaucoup d’effort des articulateurs du corps humain, l’hypothèse soulevée est que les variations phonologiques observées seraient liées au vieillissement naturel des articulateurs. De ce fait, nos résultats tendent à montrer que les participants produisent les signes majoritairement plus bas que ce qui était attendu. Malgré l’observation de ces variations, les participants produisent le signe attendu tout en respectant le principe du contraste signifiant (Villeneuve et Parisot, 2007). Ce principe stipule que tant que les variations phonétiques ne dépassent pas les contraintes phonologiques d’un signe, la compréhension demeure stable. Plusieurs limites nous empêchent de valider notre hypothèse, mais certains indicateurs tendent à penser que le vieillissement aurait un impact sur la production des ainés. Ce travail constitue tout de même un apport important dans l’enrichissement des connaissances sur la LSQ produite par des aînés sourds.

Bibliographie:

Luna, S. (2015, mai). Variation syntaxique de la langue des signes québécoise (LSQ) chez les ainés sourds. Communication présentée au congrès de l’ACL 2015, Ottawa, Ontario. Résumé repéré à http://cla-acl.ca/wp- content/uploads/Luna-2015.pdf

Parisot, A.-M. (dir.) (s.d.) Outil d’évaluation du vocabulaire LSQ pour le premier cycle des classes bilingues français-LSQ. Document inédit.

Stokoe, W. C. (2005). Sign language structure: an outline of the visual communication systems of the american deaf. Journal of Deaf Studies and Deaf Education, 10(1), 3–37. https://doi.org/10.1093/deafed/eni001 (Ouvrage original publié en 1960)

Villeneuve, S. et Parisot, A.-M. (2007). Profil phonologique débutant et expert de l'interprète. Dans A.-M. Berthonneau, G. Dal et A. Risler (éd.), Silexicales 5,  Syntaxe, interprétation, lexique des langues signées (p. 137-155). Lille, France: Publication de l’U.M.R. 8163 du C.N.R.S. (STL), Université de Lille 3.

Mots-clés : langue minoritaire, langue des signes québécoise, phonologie, ainés, vieillissement

ID: 819
Statut du présentateur : Doctorant(e)
Langue de présentation : Espagnol

Selección modal en las oraciones relativas del español en bilingües francés-español: ¿puede una lengua minoritaria influir en una lengua mayoritaria?

El contraste modal subjuntivo-indicativo ha despertado un gran interés dentro del campo de la adquisición de lenguas segundas (L2) (Borgonovo et al., 2015) y lenguas de herencia (LH) (Montrul, 2007). Lo que se ha estudiado menos, sin embargo, es la influencia de la L2 en la lengua primera (L1), especialmente cuando la L2 es una lengua minoritaria. Al comparar los hablantes de L2 y de LH, estudios previos señalan que los hablantes de LH no están necesariamente más cerca de los nativos que los aprendientes de L2 cuando se trata de fenómenos que se adquieren tarde, como la selección modal en las oraciones relativas del español (Montrul y Perpiñán, 2011), las cuales terminan de adquirirse alrededor de los 12 años de edad (Blake, 1983).

Con el fin de continuar explorando estas cuestiones, en este estudio se analiza la selección modal en las oraciones de relativo del español, en un contexto en el que esta lengua es minoritaria. Para ello, se administró una tarea escrita de juicio de combinación de frases en español y una tarea de producción escrita en francés, a dos grupos de bilingües francés-español residentes en Montreal: un grupo de aprendientes de L2 (n = 15) y un grupo de hablantes de LH (N = 11). El francés era la L1/ lengua dominante para ambos grupos y todos los participantes tenían un nivel avanzado en español. Participaron además dos grupos de control: uno de nativos del español (L1ES) y otro de nativos del francés (L1FR).

Los resultados de la tarea 1 revelan que los hablantes de L2 están más cerca del grupo de control nativo que los hablantes de herencia, lo cual está en línea con los resultados de estudios previos (ver Montrul y Perpiñán, 2011). En cuanto a la tarea 2, todos los bilingües (L2 y LH) usan más el subjuntivo que el grupo de control (L1FR) y sus patrones de uso son análogos a la distribución indicativo/subjuntivo en el español. Por lo tanto, parece que su conocimiento del español tuvo una influencia en la producción del subjuntivo en francés -lengua que se encuentra en un proceso de pérdida de ese modo (Menanteau, 1986) - y que, al menos para este fenómeno particular, puede haber un efecto de la L2 /lengua débil (minoritaria) en la L1 /lengua dominante (mayoritaria).

Bibliographie:

Blake, R. 1983. Mood Selection among Spanish-Speaking Children, Ages 4 to 12. Bilingual Review, 10, 1, 21-32.

Borgonovo, C., Bruhn de Garavito, J. and Prévost, P. 2015. Mood selection in relative clauses: Interfaces and variability. Studies in SecondLanguageAcquisition 37(1): 33-69.

Menanteau, D. 1986. Le mode verbal, classe grammaticale? La linguistique, 22(1), 69-80.

Montrul, S. 2007. Interpreting mood distinctions in Spanish as a heritage language.En R. C. Kim Potowski, Spanish in contact: policy, social and linguistic inquiries (pp.23-39). Amsterdam: John Benjamins.

Montrul, S. y Perpiñán, S. 2011. Assessing Differences and Similarities between Instructed Heritage Language Learners and L2 Learners in Their Knowledge of Spanish Tense-Aspect and Mood (TAM) Morphology.Heritage Language Journal, 8(1), 90–133.

Mots-clés : Adquisición de lenguas segundas, adquisición de lenguas de herencia, selección modal en español

ID: 821
Statut du présentateur : Professeur(e)
Langue de présentation : Français

Enjeux praxéologiques de la traduction specialisée face aux frontiéres labiles dans les concepts actuels .

Traduire aujurd'hui suppose des enjeux face à la mondialisation , face aux frontiéres labiles entre les concepts , et aussi avec la re-sémantisation  de nombreux termes que nous utilisons .

L interprete/traducteur devra recourir à des strategies cognitives  de façon continue , devra aprrendre à gerer et adapter sa charge mentale  , mais aussi         et surtout s' adapter à tous les changements actuels  , voire les instrumentalisations de certaines notions , et enfin en tant que passeur il devra nécessairement gérer l entre-deux ou se niche souvent l intraduisible qu il devra néanmoins traduire  , meme sans tout traduire parfois .

C' est dans cette espéce de fidélité infidéle qu il devra donc exercer dorénavant , et c est là que la praxelogie intervient et nous aide d une certaine façon à voir un peu plus clair dans une cabine ou tout va trés vite , ou dans une officine  ou l'écrit sera aussi témoin de notre gestion mémorielle , de nos capacités d 'entendement , et de toutes les autres compétences  qui  viendront s ajouter à notre travail .

En se basant sur notre vécu experientiel en tant qu interpréte de conférences ,  et aussi en tant qu enseignante universitaire , nous proposerons  une riche exemplification pour illustrer , commenter analyser cette nouvelle pratique traductive .

Et pour terminer nous proposerons   de re-penser differemment  cette activité traductologique  piégée  face à une mondialisation galopante qui a tout  bouleversé et nous met dans l obligation de s'adapter et de réagir  conséquemment face au XXI siécle  .

 

Bibliographie:

Documents et Rapports Onusiens Annuels dans tous les domaines , et qui permettent de s actualiser de façon perenne

par ex: le Programme du P.N.U.E , avec le G.E.O ou l on peut trouver toute la terminologie afférente au domaine , et les neologismes .

La F.A.O pour l agriculture : il y a tous les Rapports necessaires

Mots-clés : praxeologie , enjeux , frontieres labiles , concepts evolutifs , strategies cognitives .