La spontanéité du discours, un facteur déterminant la crédibilité des témoins

  • Vincent Denault1, Jessica Rioux-Turcotte2 et Frédéric Tomas3,4

    1Département de communication, Université de Montréal
    2Département de lettres et communication sociale, Université du Québec à Trois-Rivières
    3Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale (LAPPS), Université Paris 8
    4Laboratoire Cognition Humaine et Artificielle (CHArt), Université Paris 8

     

    La crédibilité est une « question omniprésente dans la plupart des procès » (R. c. Handy, 2002). Son évaluation, quant à elle, est basée sur « le comportement du témoin et sa façon de répondre aux questions » (R. c. DAI, 2012), incluant sa spontanéité lors de son témoignage. Bien que le critère de spontanéité du discours des témoins ait été étudié en laboratoire (Colwell, Hiscock-Anisman, Memon, Rachel, & Colwell, 2007), qu’en est-il en contexte naturel, lors de véritables procès ?

    Cette présentation orale résume une analyse qualitative de jugements rendus entre 2000 et 2015 par le Commissaire à la déontologie policière au cours desquels la présence ou l’absence de spontanéité du discours de policiers ou de civils a été prise en considération dans l’évaluation de leur crédibilité. À l’aide d’une méthodologie inductive similaire à celle utilisée par Denault (2015) pour le critère du non-verbal des témoins, l’objectif de cette communication est de comprendre le poids accordé au critère de spontanéité du discours des témoins. Nous mettrons en évidence la présence ou l’absence de lien entre ce critère et l’issue de véritables procès. Afin de dresser un portrait global de ce poids, nous présenterons ensuite les autres critères liés à la performance discursive des témoins considérés dans l’évaluation de leur crédibilité. Enfin, puisque l’analyse préliminaire des données suggère qu’un témoignage spontané est considéré comme étant crédible, même si la crédibilité à elle seule ne détermine pas l’issue du procès, nous discuterons de l’implication de cette analyse sur la préparation des témoins et, du coup, de ce paradoxe : comment préparer les témoins à être spontanés ? (Weinlein, 2012).

 

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