La place de l’oralité dans le roman urbain du début du XXe siècle au Québec

    • Presentation speakers

    La littérature québécoise de la première moitié du XXe siècle est traditionnellement présentée comme dominée par l’idéologie régionaliste. Faisant l’apologie de la foi catholique et de la vie paysanne, les régionalistes sont d’avis que les écrivains doivent ancrer leur récit dans la réalité canadienne-française; on les encourage alors à intégrer certains canadianismes relatifs à la faune et à la flore canadiennes, ou encore à faire référence à certaines activités pratiquées exclusivement en Amérique du Nord dans leurs textes. Exception faite de ces appropriations lexicales limitées, la langue d’écriture des écrivains régionalistes est toutefois généralement cantonnée au strict français standard.

    La production romanesque du début du XXe siècle ne peut cependant pas être réduite au seul roman régionaliste. Le genre romanesque est en pleine mutation durant cette période et différents types de romans commencent à s’implanter (romans historiques, polars, romans jeunesse, etc.). Ces romans font également un usage différent de la langue d’écriture : ils font une plus grande place à l’utilisation d’anglicismes, de canadianismes et de néologismes et on y retrouve davantage de tentatives de transcriptions phonétiques de la langue orale. Nous nous proposons d’analyser les particularismes langagiers dans trois romans urbains, Les mystères de Montréal par M. Ladébauche d’Hector Berthelot (1901), Le débutant d’Arsène Bessette (1914) et Le philtre bleu (1924) de Jean Féron, dans le but de montrer à quel point les mécanismes d’introduction de la langue orale diffèrent dans les romans non régionalistes. Notre étude se situera à la jonction de la théorie sur le roman et de la linguistique textuelle. Nous mettrons également à profit les concepts de dialogisme et de récit oralisé tels que développés respectivement par Mikhaïl Bakhtine et Jérôme Meizoz pour analyser les incursions de la langue vernaculaire ou populaire dans le texte.

 

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