Nature des représentations séquentielles en mémoire phonologique

  • On mesure généralement l’empan de la mémoire sérielle avec des tests standards impliquant de rappel de séquences verbales. Toutefois, les « items» (mots et non-mots) dans ces tests présentent des effets de longueur associés au nombre de « phonèmes» ou de «syllabes». Ainsi, une mesure d’empan n’est pas liée strictement à un nombre d’items mais aussi au nombre d’«unités» représentées en mémoire qui composent ces items. Notre étude visait à clarifier la nature de ces unités de base de la mémoire phonologique en suggérant qu’elles reflètent des cycles contraction-relaxation ou ferme-ouvre (Boucher, 2008). Selon cette idée, une unité notée CV constituerait un cycle, alors qu’une unité notée VC représenterait deux cycles et serait approximativement équivalente à une suite ferme-ouvre-ferme-ouvre, notée cVCv où c et v sont des constantes (avec c=une même consonne et v=un même relâchement). La prédiction qui découle est qu’une mesure d’empan axée sur le nombre de VC rappelées serait approximativement équivalente à une mesure axée sur le nombre de cVCv, alors que ces deux mesures diffèreraient par rapport à une mesure du nombre de CV.

    On a mesuré l’empan de 39 participants avec une version adaptée du Wechsler (1997) où le sujet devait rappeler oralement des séquences de non-mots CV, VC et cVCv entendues. Le rappel était significativement supérieur pour les séquences CV comparativement aux séquences VC et cVCv, mais il n’y avait pas de différence significative entre ces deux dernières. Ces résultats suggèrent que la notation en lettres-phonèmes et en syllabes ne reflètent pas les unités séquentielles de base représentées en mémoire.

 

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