L’hypothèse d’une stratégie discursive gouvernementale délibérée pendant le printemps érable résiste-t-elle à l’examen des faits?

    • Presentation speakers

    Cette communication abordera le printemps érable en tant qu’événement sociodiscursif (Bernard-Barbeau, 2015; Collette, 2013). Dans ce que certains auteurs ont appelé la « guerre des mots » (Bonenfant et coll., 2013; Carbonneau et Desroches, 2013; Millette, 2013; Poirier St-Pierre et Éthier, 2013), tant le gouvernement libéral de Jean Charest que le mouvement étudiant se sont démarqués par une stratégie discursive qui leur était bien propre. Alors que des discours fragmentés sont observés parmi les études ayant traité des stratégies discursives des étudiants, nous notons un consensus dans la littérature quant à la stratégie discursive du gouvernement libéral de Jean Charest pendant le printemps érable : plusieurs ont souligné l’utilisation d’expressions (ou formules-chocs) inspirées d’une idéologie ou rhétorique « libérale individualiste » (Ancelovici et Dupuis-Déri, 2014), « néolibérale » (Frappier et coll., 2012), ou encore « paternaliste » (Bonenfant et coll., 2013). Toutefois, les études recensées à ce jour mentionnent ces expressions – « juste part », « majorité silencieuse », « utilisateur-payeur », par exemple – de façon anecdotique, sans support quantitatif quant à leur fréquence, leur intensité ou leur durée. Le but de cette recherche est donc d’étudier certaines expressions et formules-chocs créées et employées par le gouvernement de Jean Charest, à la lumière du concept de cadrage (Entman, 1993), afin de déterminer si une stratégie discursive délibérée, appuyée par une rhétorique visant à influencer l’opinion publique s’est effectivement dégagée de ce discours. Des résultats préliminaires d’une analyse de contenu seront présentés.


    Bibliographie

    Ancelovici, M. et Dupuis-Déri, F. (2014). « Introduction : retour sur le “Printemps érable” ». Dans M. Ancelovici et F. Dupuis-Déri (dir.), Un printemps rouge et noir : regards croisés sur la grève étudiante de 2012 (p. 7-36). Montréal, Québec : Éditions Écosociété.

    Bernard-Barbeau, G. (2015). « De l’appel à mobilisation à ses mécanismes sociodiscursifs : le cas des slogans écrits du printemps érable ». Argumentation et analyse du discours, 14, p. 2-12.

    Bonenfant, M., Glinoer, A. et Lapointe, M.-A. (2013). Le printemps québécois : une anthologie. Montréal, Québec : Éditions Écosociété, 332 p.

    Collette, K. (2013). « Distances et conciliations sur le statut du discours : autour d’une analyse émergente des discours du Printemps érable ». Cahiers de recherche sociologique (54), p. 71-94.

    Entman, R. M. (1993). « Framing : towards clarification of a fractured paradigm ». Journal of Communication, 43(4), p. 51-58.

    Frappier, A., Poulin, R. et Rioux, B. (2012). Le printemps des carrés rouges : lutte étudiante, crise sociale, loi liberticide, démocratie de la rue. Montréal, Québec : M éditeur. 159 p.

    Millette, J. (2013). « Chapitre 4 : Communiquer pour gagner ». Dans J. Millette (dir.), De la rue au fil de presse : grèves étudiantes et relations publiques (p. 61-89). Québec, Québec : Presses de l’Université Laval.

    Poirier St-Pierre, R., et Éthier, P. (2013). De l’école à la rue : dans les coulisses de la grève étudiante. Montréal, Québec : Éditions Écosociété, 218 p.

 

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