Effets des méthodes d’enseignement institutionnelles : influence de l’exposition au français oral sur la fréquence d’oralisation chez les aînés sourds québécois

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    En langue des signes québécoise (LSQ), des différences linguistiques entre les femmes et les hommes sourds, scolarisés par les institutions religieuses d’avant 1960, ont été révélées (Dubuisson et Grimard, 2006). L’hypothèse proposée pour expliquer ces variations est celle de l’exposition de ces groupes à des méthodes éducatives distinctes (oraliste/manuelle), notamment quant aux degrés d’enseignement en français oral. Cette étude vise à étudier un phénomène de contact linguistique, soit la fréquence d’oralisations (production d’éléments lexicaux de la langue orale simultanément au signe). Compte tenu des différents degrés d’exposition aux méthodes d’enseignement oral, ma question de recherche est la suivante : La variable « fréquence d’oralisation » dans la LSQ des aînés sourds est-elle conditionnée par leur expérience éducative passée? L’hypothèse présentée est que le taux d’oralisation des femmes ayant été scolarisées selon la méthode « oraliste » sera plus élevé que celui des hommes scolarisés en méthode «manuelle». Les hommes éduqués selon la méthode «oraliste», ayant été moins exposés au français que les femmes, mais davantage que les hommes du groupe manuel, devraient avoir un taux d’oralisation situé entre ces deux groupes. Les résultats de l’analyse de régression multiple effectuée à partir d’un discours LSQ naturel révèlent une différence statistiquement significative entre les trois groupes en fonction de leur exposition au français (p < 0,001), les femmes du groupe «oraliste» produisant davantage d’oralisations que le groupe d’homme, tout type d’éducation confondu. Ces résultats suggèrent que les signeurs aînés de notre corpus conservent des traces de l’enseignement explicite du français en fonction du degré d’exposition.

    Bibliographie

    Dubuisson, C., et Grimard, C. (2006). La surdité vue de près. Québec: PUQ.

    Perreault, S.-D. (2006). Une communauté qui fait signe: les Soeurs de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, 1887-2006. Carte Blanche.

    Plaza-Pust, C., et Morales-López, E. (2008). Sign Bilingualism: Language development, interaction, and maintenance in sign language contact situations. John Benjamins Publishing.

 

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